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Eautarcie en Ville
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Le concept de l'EAUTARCIE est une des formulations possibles de l'assainissement écologique, avec une particularité: au lieu de faire l'inventaire des problèmes, on remonte aux sources de ceux-ci et l’on propose des solutions efficaces, simples et bon marché. L'autre particularité: c’est une démarche holistique tenant compte de nombreux aspects des impacts environnementaux.

Les considérations développées ici n'ont pas encore été testées en grandeur nature. Les propositions sont faites sur base d'extrapolation au départ de notre expérience avec des installations individuelles. Des expériences pilotes sont nécessaires pour préciser les dimensions des différents éléments. Ces expériences n'ont, jusqu'à présent, pas été autorisées en Belgique.

Pour voir des maisons en «EAUTARCIE », cliquez ici.

Il est instructif de lire un témoignage venant d'Andalousie (Espagne) sur les bienfaits de l'Eautarcie en région sèche.

Pour voir le schéma général d'un système PLUVALOR, cliquer ici.

Pour voir le schéma général d'un système TRAISELECT complet, cliquer ici.

Première publication du texte de la présente page sur www.eautarcie.com : 2005

Adaptation du texte original et première publication de la présente page sur www.eautarcie.org : 2009-12-30

Mise à jour : 2010-06-21


Le système PLUVALOR en ville

Approvisionnement en eau

Une gestion durable de l’eau implique une utilisation conjointe de plusieurs sources disponibles pour l’approvisionnement de la population. Dans les villes où l’eau de distribution est de qualité médiocre, la valorisation de l’eau de pluie représente une possibilité intéressante pour la production décentralisée d’eau potable de haute qualité. En réalité, l’eau récupérable sur les toits d’une ville est loin d’être une quantité négligeable, bien que trop faible pour couvrir la totalité des besoins des ménages.

Faut-il aussi rappeler que dans un monde pollué où l’eau de bonne qualité devient rare, il faut adapter la qualité de l’eau aux usages. Nous n’avons besoin d’eau de qualité alimentaire que pour boire (eau de table, café, tisanes). Même pour la préparation des aliments cuits, on n’a pas besoin d’eau qui réponde rigoureusement aux normes bactériennes pour l’eau potable. Pour les usages non alimentaires, on pourrait utiliser une eau inoffensive qui n’est pas potable dans le sens strict du terme, mais son absorption accidentelle ne porte pas préjudice à la santé. Cette nouvelle vision de la qualité de l’eau permet une approche plus pragmatique de la gestion et surtout des économies considérables.

Dès le moment où l’on est sorti de la logique de l’eau marchandise, la société communale de distribution d’eau n’a plus intérêt à pousser la consommation pour augmenter les recettes. En détaxant l’eau, l’administration régionale ne doit (peut) plus compter sur les recettes fiscales de l’eau. On peut donc entrer de plain-pied dans la logique du développement durable.

Par exemple, les citernes d'une ville entièrement équipée de système PLUVALOR (capacité de 150 litres par m² de toit) représentent une capacité de stockage équivalent à un bassin d'orage énorme. L'eau des averses ainsi retenue, au lieu de s'engouffrer dans les égouts vers la rivière, sera relâchée au fil des usages. C'est un facteur important de régulation du régime hydrique.

Les caractéristiques du système

Lors de la construction d’un immeuble, on subdivisera le toit en autant de secteurs qu’il y a d’appartements [1], chaque secteur disposant de sa propre descente de gouttière et de sa citerne.

[1]
En dépit des économies d'échelle, nous déconseillons formellement l'installation d'une citerne commune à plusieurs appartements. Les méthodes de gestion de l'eau varient d'un ménage à l'autre. C'est une source de conflits. Lorsque la citerne commune est à sec, c'est toujours «la faute de l'autre».


La capacité (en litres) de cette citerne sera calculée en multipliant la superficie au sol du toit de captage (m²) par 150. Par exemple, un appartenant disposant d’un secteur de 15 m² de toit aura une citerne de 15x150 = 2 250 litres, soit entre 2 et 2,5 m³.

Cette citerne sera placée dans les caves ou enterrée à côté du bâtiment. Dans un local technique en sous-sol, on placera par appartement, un petit groupe hydrophore et un système de microfiltration pour rendre potable l’eau de pluie. Une canalisation fine amènera l’eau purifiée dans la cuisine de chaque appartement. Une solution alternative consiste à placer un groupe hydrophore et un filtre de 10 microns. L'eau ainsi filtrée arrive alors dans l'appartement par un tuyau de faible section (moins d'un demi-pouce) pour alimenter une vanne située sous l’évier de la cuisine. Un système à osmose inverse raccordé à ce tuyau, situé dans l'appartement, fournira alors l'eau potable. Ainsi, on alimenterait un ou deux robinets à eau potable dans l’appartement. Les autres robinets délivreraient de l’eau de ville. La qualité de l’eau de pluie ainsi filtrée ne cède en rien à celle des meilleures eaux minérales du commerce pour un prix dérisoire.

On utilisera donc l’eau de pluie pour l’alimentation et la boisson et l’eau de ville de moindre qualité pour les autres usages. Dans les villes où, en raison de la dégradation grave des ressources hydriques, l’eau de ville devient saumâtre, au lieu d’envisager le traitement par membrane (nanofiltration [2]) de l’eau de ville, on pourrait se contenter de distribuer une eau de «qualité inoffensive», mais non potable, pour couvrir les besoins non alimentaires. Pour la production d’eau potable on offrirait des subsides pour les installations individuelles de filtration d’eau de pluie.

[2]
La nanofiltration est une technique qu’on utilise pour faire de l’eau potable à partir d’une ressource fortement polluée, surtout par le sel. Le prix de revient de l’eau traitée de la sorte est de l’ordre de 10 € le m³. Envoyer de l’eau aussi chère dans les chasses des W.-C. n’est pas raisonnable.

Faux problèmes

J’entends souvent l’argument suivant lequel la valorisation de l’eau de pluie n’est pas intéressante en ville en raison de la pollution urbaine et de la superficie réduite des toits par habitant.

Pollution urbaine

En fait, la pollution de l’eau de pluie qui tombe à un endroit donné dépend surtout du régime des vents. Une pluie fortement polluée peut tomber dans une région exempte de pollution industrielle ou urbaine. La qualité de l’eau de pluie dans les villes n’est pas fondamentalement plus mauvaise qu’ailleurs. Dans les grandes villes en hiver, on observe une légère teneur en hydrocarbures à cause des fumées des chauffages au mazout. Lorsqu’on habite près des industries générant des poussières, les habitations aux alentours de la source de poussière récoltent de l’eau qui laisse plus de boue dans le fond de la citerne et colmate plus rapidement les filtres.

Superficie réduite des toits

C’est vrai que les 30 m² de toit par personne nécessaires [3] pour couvrir la totalité des besoins en eau (hors W.-C.) sont rarement atteints en ville. Cependant, l’eau récoltée sur les toits urbains reste une ressource précieuse et importante. En fait, les besoins journaliers d’une personne en eau potable ne dépassent guère 3 à 5 litres. Pour récolter cette quantité, 2 à 3 m² de toit suffisent avec une capacité de stockage de 300 à 400 litres.

[3]
Cette valeur est valable avec une pluviosité annuelle de l'ordre de 800 à 900 mm.

Ainsi, si le toit de l’appartement ne dépasse pas 3 m² par personne, on se limite à la production d’eau alimentaire (potable) à partir de l’eau de pluie. Lorsque la superficie du toit est plus grande, on peut aller plus loin dans la valorisation et produire aussi de l’eau naturellement douce pour l’hygiène personnelle et aussi pour les lessives. Ainsi on peut envisager le raccordement du chauffe-eau, de la lessiveuse ou même du lave-vaisselle au circuit d’eau de pluie, avec toutefois la possibilité de repasser à l’eau de ville en cas de sécheresse.

Pour continuer la lecture, passer à la page le système TRAISELECT en ville.

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