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Depuis des années, plusieurs fournisseurs proposent des appareils capables d'améliorer la qualité de l'eau de ville pour en faire de l'eau potable, possédant même des vertus thérapeutiques, sous différentes dénominations, notamment «eau basique», «eau alcaline» et «eau ionisée». L’«eau Kangen» se classe parmi celles-ci, quoique nous proposons ici une dénomination plus juste pour définir ces eaux, en fonction des véritables processus en jeu : l’«eau électronisée».

Boire de l'eau basique ou acide, ionisée ou non, contenant beaucoup de sels minéraux ou non font actuellement l'objet d'un débat passionné dans les milieux qui s'occupent de la médecine, de l'alimentation, de la vie saine... et aussi dans les milieux qui commercialisent des eaux ou des appareils pour améliorer la qualité de l'eau.

L'eau « Kangen » est présentée comme une « eau de jouvence » capable de détoxiquer l'organisme, renforcer le système immunitaire, neutraliser les radicaux libres responsables de maladies et de la vieillesse, diminuer l'acidité de l'organisme, laver les intestins, débarrasser les vaisseaux sanguins du dépôt de cholestérol, etc. Elle est présentée comme une sorte de panacée universelle qui convient au traitement de la plupart des maladies dites de civilisation.
Dans ce débat contradictoire, l'homme de la rue a du mal à s'orienter. A qui croire?

Fidèle à nos principes, indépendamment de toute activité commerciale, EAUTARCIE essaie de rechercher les solutions les plus efficaces et les moins chères pour atteindre l'objectif fixé. Ici, l'objectif est d'avoir une eau alimentaire saine pour tous au meilleur prix. Sans avoir la prétention de détenir la vérité absolue, notre approche scientifique se veut pragmatique et compréhensible à tous. Le lecteur y trouvera des éléments de réflexion, le spécialiste des données qui ont comme but de susciter un débat pour enrichir nos connaissances.

Première publication du texte de la présente page sur www.eautarcie.org : 2011-02-28

Mise à jour : 2012-01-01


Eau électronisée ou «eau Kangen»

Les systèmes de conditionnement d'eau

Les sociétés distributrices ont de plus en plus de mal à assurer la fourniture d'eau potable de qualité. Avec la dégradation progressive de nos ressources en eau, le traitement pour rendre potable l'eau captée a tendance à devenir plus cher. À ce sujet, il n'est pas inutile de rappeler le premier principe de la gestion durable de l'eau : « adapter la qualité de l'eau aux usages qu'on en fait ». Une personne n'a besoin que d’un maximum de 5 litres d'eau potable de haute qualité par jour. Pour les autres usages domestiques, on n'a point besoin d'eau de qualité potable, mais surtout d'eau douce, contenant peu de calcaire. L'usage des appareils pour améliorer la qualité de l'eau de distribution n'est autre qu'une application du premier principe de la gestion durable de l'eau. Ces appareils connaissent déjà et connaîtront encore un développement considérable. Le temps n'est sans doute pas loin où les municipalités finiront aussi par accepter les principes de gestion durable et, afin de limiter les dépenses, inviteront les sociétés distributrices à fournir non pas de l'eau potable pour tous les usages (ce qui n'est vraiment pas raisonnable), mais de l'eau de qualité inoffensive. Dans cette hypothèse, pour son eau potable chaque ménage utilisera un système de conditionnement domestique de l'eau.

Lorsqu'on ne dispose que de l'eau de distribution, souvent dure et surchargée en sels minéraux, la technique de l'osmose inverse semble être incontournable pour disposer de ces 5 litres d'eau biocompatible par jour, même si certains en déconseillent la consommation [1].

[1]
Sur le blogue de l'eau Kangen, le Dr. Zoltán P. Róna prend position en ce sens, tout en faisant la confusion entre l'eau obtenue par osmose inverse et l'eau distillée. Non seulement au point de vue de  la structure moléculaire, mais aussi sur base de données analytiques, les deux eaux ont des caractéristiques très différentes. La consommation prolongée de l'eau distillée n'est effectivement pas à conseiller. Par contre, je n'ai jusqu'à présent  pas eu connaissance d'observations cliniques démontrant un effet nuisible de l'eau filtrée par osmose inverse. La lecture du présent chapitre, et surtout celui qui traite de l'électrochimie de l'eau, apportera sans doute un éclairage nouveau sur ce problème.

Pour faire son eau non pas « potable », mais mieux : « biocompatible », le public aura donc recours à des appareils domestiques de conditionnement. Le marché de ces appareils est en train d'exploser. Cependant, la vente de ces installations répond avant tout à une finalité commerciale et pas nécessairement aux besoins réels du consommateur.

Ici aussi, fidèle à ses principes, le site EAUTARCIE, non lié à une activité commerciale, s'est fixé comme objectif d'informer le public sur les possibilités offertes par ces appareils et d'aider le consommateur à choisir le matériel le moins cher qui répond à ses attentes.

Eau de table et eau médicinale

Dans la « jungle » des offres commerciales, le premier tri qui s'impose est la distinction entre les eaux de table et les eaux thérapeutiques. Les deux types d'eau répondent à des critères scientifiques et surtout à des finalités différentes. D'une manière générale, une eau possédant des vertus médicinales ne convient pas pour en faire son eau de table. D'un autre côté, une eau de table, même de haute qualité, ne peut servir de médicament. Au meilleur des cas, elle peut contribuer à la prévention de certaines maladies.

Nombreux sont mes correspondants qui m'interrogent sur les qualités de tel ou tel appareil de conditionnement d'eau. Les questions sont de plus en plus nombreuses sur l’eau Kangen, produite par un appareil d'électrolyse au départ de l'eau de ville.

Eau Kangen : une démarche commerciale intense

En regardant les petits films de démonstration sur les qualités de l'eau Kangen, le lecteur ne disposant pas de connaissances scientifiques laisse vite convaincre sur les qualités de cette eau. Je reviendrai sur cette question, mais dès à présent il vaut mieux préciser que l'eau Kangen est une eau à finalité thérapeutique. Elle peut ne pas convenir pour en faire son eau de table. Par contre, ses possibilités thérapeutiques sont actuellement sous-exploitées.

Comment fonctionne un appareil pour faire de l'eau Kangen?

L'eau de ville qui entre dans l'appareil est d'abord purifiée par filtration sur un microfiltre de 0,01µ, suivi d'un filtre de corail, puis du charbon actif bactériostatique et finalement par un filtre en tourmaline. On enlève ainsi le chlore, les bactéries, les virus, mais aussi les micropolluants organiques, ce qui amène évidemment une amélioration du goût de l'eau et des préparations culinaires [2]. Cette amélioration du goût n'est évidemment pas imputable à l'électrolyse faite par la suite.

[2]
Quand l'eau de ville est chimiquement correcte (avec une teneur en sels minéraux ne dépassant pas de trop 250 à 350 mg/l) et qu’elle correspond aux critères chimiques de biocompatibilité, un simple filtre de céramique garni d'une charge de charbon actif bactériostatique (ions d'argent) peut amplement suffire pour avoir une eau potable de haute qualité. C'est une solution relativement bon marché, mais très efficace. L'achat d'un appareil à osmose inverse, vendu pour aquarium, peut également convenir pour un prix défiant toute concurrence.

Le traitement par électrolyse se fait donc sur cette eau purifiée dans une cellule contenant deux compartiments séparés par une membrane qui laisse passer le courant, mais empêche le mélange des eaux transformées à la cathode et à l'anode. À la cathode se forme une eau basique et de caractère chimiquement réducteur. Sur l'anode, on observe la formation d'une eau acide et oxydante. La première est conseillée pour la boisson, la seconde, ayant des vertus désinfectantes, peut servir pour l'hygiène corporelle ou pour la désinfection des objets [3].

[3]
Il existe toutefois dans le commerce courant des produits tout aussi efficaces et moins onéreux. Il n'en est pas moins vrai que l'eau anodique, acide, est un sous-produit de la préparation de l'eau cathodique (thérapeutique) qu'on peut évidemment valoriser pour ces usages domestiques.

Quand l'eau de ville ne contient pas suffisamment de sels minéraux, on en ajoute afin de faciliter l'électrolyse (en fait pour augmenter la conductivité électrique). On ne précise pas la nature de ces sels minéraux ajoutés, mais on peut raisonnablement supposer qu'il s'agisse de sels de métaux alcalins : du sodium, du potassium ou même du calcium. Toutefois l'adjonction de ce dernier augmente la dureté de l'eau. Le chlorure de sodium étant l'électrolyte le moins cher et le plus inoffensif, il y a des chances que l'électrolyte ajouté soit du sel marin. Cependant, les eaux de distribution sont suffisamment chargées en sels minéraux pour rendre inutile l'adjonction d'électrolyte support (sels minéraux).

Les électrodes étant en métaux inertes (platine et titane), on ne doit pas craindre une dissolution de métaux lourds par oxydation à l’anode.

À la cathode : une eau thérapeutique

Ayant un potentiel négatif à la cathode, ce sont des réactions de réduction qui ont lieu. L'électrode métallique fournit des électrons. On sait que fourniture d'électrons = réduction; capture d'électrons = oxydation.

Pour que le courant électronique (flux d'électrons) puisse passer de la cathode vers l'anode, l'eau qui se trouve dans la cellule d'électrolyse doit pouvoir conduire l'électricité. Dans l'eau, ce sont les ions portant des charges électriques positives (cations) qui migrent vers la cathode, tandis que des charges électriques négatives (anions) se déplacent vers l'anode [4].

[4]
Contrairement à ce que certains laissent entendre ou affirment parfois, dans une solution aqueuse (donc dans de l'eau) le nombre de charges positives et négatives sont toujours rigoureusement identiques. C'est ce que les chimistes appellent condition d'électroneutralité. En fait, pendant l'électrolyse, le nombre de charges négatives de l'eau initiale ne change pas. Des ions OH- apparaissent, mais en même temps il y a autant de charges positives présentes dans l'eau. On peut d'ailleurs se demander si ce sont les charges négatives qui sont réellement responsables de la désactivation des radicaux libres. Leur nombre ne change pas pendant l'électrolyse. Pourquoi lier alors cet effet à l'apparition d'ions hydroxydes? S'il en était ainsi, même une solution diluée de soude caustique (NaOH), fournissant beaucoup d'ions OH-, aurait des vertus thérapeutiques attribuées à l'eau Kangen. Tel n'est évidemment pas le cas. J'ai du mal à admettre que ce soient les ions OH- qui désactivent les radicaux libres.

Les promoteurs des appareils parlent souvent de « l'ionisation de l'eau ». En fait, la simple dissolution de n'importe quel électrolyte (sels minéraux) dans l'eau produit des cations et des anions sans pour autant qu'on puisse parler d'ionisation. C'est une dissociation électrolytique. Nous allons voir que dans le cas de l'eau cathodique, il est plus correct de parler « d'électronisation » de l'eau : on n'augmente pas la concentration des charges négatives, mais on augmente « l'activité électronique » de l'eau. Les promoteurs de l'appareil Kangen restent discrets sur les modifications qui interviennent dans l'eau suite à l'action réductrice de la cathode. Ils se contentent de parler de l’ORP (de « oxidation-reduction potential », soit le potentiel redox). L'accent est mis surtout sur le caractère basique de l'eau.

Que devient l'eau basique dans l'organisme?

Une eau avec un pH = 11 équivaut à une solution contenant 40 mg de soude caustique (NaOH) au litre. La concentration en ions d'hydroxyde OH- y est de un millième mole par litre. Après absorption, cette eau arrive dans l'estomac où les sucs gastriques (essentiellement de l'acide chlorhydrique) maintiennent un pH voisin de 2. Cela représente une concentration de l'ordre de un centième de mole par litre en ions H3O+. Ces ions neutralisent donc immédiatement les ions OH- pour donner de l'eau, suivant la réaction :

H3O+ + OH- 2 H2O

C'est comme dans une bataille opposant deux armées où chaque soldat qui en tue un soldat ennemi meurt également. Ici, l'armée des ions basiques OH- doit faire face à une armée d'ions acides H3O+, mais avec un rapport de force de un contre dix. L'estomac humain produit environ 2 litres de sucs gastriques par jour. Même en absorbant 2 litres d'eau basique par jour, l'issue ne fait pas de doute : les ions basiques OH- disparaissent par neutralisation. Cette réaction est extrêmement rapide. De ce fait, par la suite, le caractère basique de l'eau devient inopérant dans l'intestin grêle. On se demande alors comment l'absorption de l'eau basique peut donc « diminuer l'acidification de l'organisme », d'autant plus que cette acidification interviendrait au niveau des cellules. Contraitement à ce que certains affirment, s'il y a modification de l'acidification de l'organisme, elle n'est pas imputable au caractère basique de l'eau.

Les boissons gazeuses au ban des accusés

Les promoteurs de l'eau Kangen aussi attribuent beaucoup de mal au phénomène d'acidification au niveau du sang, mais surtout au niveau des liquides intracellulaires. De l'avis général, cette acidification a son origine dans le stress, peut-être dans une alimentation inadaptée, mais peut-on incriminer les boissons gazeuses qui sont toutes acides? Sur un site vantant les vertus basiques de l'eau Kangen, j'ai vu que pour neutraliser l'acidité d'un seul verre de boisson gazeuse il faut 30 verres d'eau Kangen. C'est sans doute vrai, (et encore...) dans une fiole de chimiste..., mais on se demande ce qui se passe dans l'organisme humain. Faut-il réellement neutraliser à tout prix une eau de boisson à caractère acide?

En fait, l'acidité d'une boisson gazeuse provient du gaz carbonique CO2 et parfois d'autres acides (citrique, entre autres) ajoutés pour ajuster le pH au pire des cas à 3! Dans une telle solution, il y aura donc un millième de mole d'ions hydroxonium H3O+ par litre, face aux sucs gastriques qui en contiennent dix fois plus. Le changement est minime : un ion de plus pour dix autres déjà présents. Notre organisme n'a pas besoin d'eau basique pour « neutraliser » un verre d'eau gazeuse. Les matières organiques contenus dans l'estomac déstabilisent, par catalyse hétérogène, l'acide carbonique H2CO3 qui se décompose spontanément en eau et en dioxyde de carbone CO2 gazeux. Ce dernier, nous l'évacuons sous forme de renvois. Ce dégagement gazeux est vraiment bénéfique aux estomacs paresseux, car le remous provoqué par le gaz stimule la digestion. Ceux qui souffrent d'hyperacidité stomacale prendront des médicaments basiques plus efficaces pour combattre l'acidité que l'eau Kangen. Les véritables vertus de cette eau se trouvent ailleurs.

Loin de moi de recommander la consommation de boissons gazeuses sucrées et surtout édulcorées ou « light » (un doute pèse sur l'innocuité des édulcorants artificiels), mais les diaboliser n'est pas nécessairement une attitude scientifique non plus [5].

[5]
Pour les amateurs des médecines parallèles, il semblerait que les personnes du groupe sanguin 0 auraient même intérêt à consommer régulièrement de l'eau gazeuse, sucrée ou non. Je suis aussi dans ce cas, et je dois dire qu'après un repas copieux un bon verre d'eau gazeuse (sucrée ou non) me fait du bien! En médecine parallèle, on dit aussi qu'après un repas chaud, on recommande plutôt la consommation d'une tisane chaude « pour ne pas éteindre le feu de la digestion par le froid ». Laissons ce choix à chacun, suivant ses propres goûts et ressentis.

Mais revenons à « l'acidification de l'organisme » tant décriée. Que faut-il en penser? J'ai même lu l'affirmation d'un médecin qui prétend que « toutes les maladies proviennent de l'acidification », ce qui est plutôt surprenant! A ce sujet, j'ai envie de demander l'avis d'autres médecins aussi. L'acidification est détectable au niveau cellulaire, mais surtout au niveau du sang artériel. L'élimination de l'urine acide ne signifie nullement une acidification de l'organisme. Le pH du sang d'un homme en bonne santé varie de 7,35 à 7,45. Or, le pH du sang et aussi celui des liquides intra- et extra-cellulaires (dont le pH est situé à 7,2 et 7,4 respectivement) est remarquablement stable et ne varie que d'un dixième d’unité. Les chimistes disent que ces liquides sont « tamponnés ». Ce tampon dont les propriétés chimiques sont liées, entre autres, au caractère ampholyte de l'ion hydrogénocarbonate HCO3- (plus exactement aux couples CO32-/HCO3- et HCO3-/H2CO3) est une solution aqueuse qui se comporte en base vis-à-vis des acides introduits, et en acide vis-à-vis des bases. Les poumons, en éliminant juste la quantité de CO2 qu'il faut, régulent remarquablement cet équilibre. L'excès d'acidité est également évacué par les reins, sous forme d'ions HN4+. Ce qui ajoute un mécanisme de sécurité à cet équilibre. Changer donc le pH du sang par l'absorption d'une eau basique ou acide m’apparaît plutôt difficile, voire pratiquement impossible. Une alimentation à prédominance carnée peut y contribuer. À moins qu'on me prouve le contraire, je me permets de douter de l'efficacité de l'absorption d'eau basique pour compenser une acidification d'origine métabolique.

Suivant les recommandations de la plupart de spécialistes en diététique, le citron est un aliment « alcalinisant ». Il en est de même avec les légumes lactofermentés comme la choucroute. Tous les jus de fruits sont acides, certains voire même très acides! Faut-il pour autant en déconseiller la consommation? Assimiler donc notre corps à un ballon de chimiste dans lequel pour diminuer l'acidité on ajoute de l'eau basique est une vision que j'ai du mal à partager.

Nous pouvons donc admettre, avec peu de risques de se tromper, que les propriétés acide-base des boissons et des aliments ne peuvent avoir une influence décisive sur l'état acide ou basique de notre sang ou de nos tissus. S'il en était ainsi, et si l'on admettait les affirmations des promoteurs des eaux basiques, dans les régions où l'eau des sources et des puits sont franchement basiques, la population devrait être en bien meilleure santé que partout ailleurs. La dureté de l'eau est souvent associée à un caractère basique. Vu la prédominance des régions où l'eau est naturellement dure (contient trop de calcaire), la vérification de cette hypothèse serait facile.

Les expériences présentées avec l'eau Kangen

Sur de nombreux sites internet, on trouve les mêmes petits films démontrant le caractère bénéfique des eaux basiques. Passons en revue ces petites démonstrations expérimentales.

Le test du chlore avec les fruits

Ce test a pour but de montrer que les fruits et les légumes – même bio - « absorbent » le chlore contenu dans l'eau de distribution. Le chlore « se retrouverait donc dans les fruits ». Afin d'éviter l'absorption du chlore, il est donc souhaitable de remplacer l'eau de distribution par l'eau Kangen qui n'en contient pas [6].

[6]
Nous dénonçons également les effet négatifs du chlore présent dans les eaux, mais pour éliminer le chlore de l'eau de ville, un simple filtre de charbon actif (très bon marché) suffit.

On utilise donc un indicateur qui se colore en jaune en présence de chlore (Cl2) et devient incolore en son absence. Il s'agit en fait d'un indicateur colorié qui réagit au caractère redox du milieu aqueux. Les fruits introduits dans l'eau de ville chlorée décolorent l'indicateur, ce qui montre clairement la disparition du chlore Cl2 de l'eau. Je ne puis toutefois pas partager la conclusion qui en est tirée. Les fruits « n'absorbent pas le chlore », mais leur jus – toujours chimiquement très réducteur – réduit le chlore Cl2 en ions chlorures Cl-, suivant la réaction :

Cl2 + 2 e- → 2 Cl-

Or, les ions chlorures sont absolument inoffensifs et, au lieu d'être « absorbés » par les fruits, ils restent dans l'eau. A propos de cette expérience, il serait plus juste de dire : « Le jus des fruits, toujours réducteur, désactive le chlore dans l'eau de distribution. Il en est de même avec l'eau Kangen, également de caractère réducteur. » [7]

[7]
Les réducteurs sont des donneurs d'électrons. Le di-chlore Cl2 est un puissant oxydant, il est donc « avide d'électrons ». En absorbant les deux électrons e- fournis par le jus réducteur, le chlore « gavé » d'électrons se transforme en ions chlorure Cl-, portant une charge négative (celle de l'électron absorbé). Lors de la dissolution du sel de cuisine (chlorure de sodium ou NaCl), il se forme aussi des ions chlorures : NaCl → Na+ + Cl-.

Le test de l'acidité-basicité

Le but de ce test est de montrer que l'eau Kangen est basique – ce qui est rigoureusement vrai. Je me sens cependant un peu mal à l'aise lorsqu'on affirme que les eaux acides, comme l'eau de Perrier et toutes les boissons gazeuses, nuisent à la santé. Il serait intéressant d'entendre aussi à ce sujet l'avis des conseillers scientifiques des firmes qui commercialisent ces eaux.

L'indicateur acide-base utilisé pour la démonstration se colore en bleu en milieu basique et se décolore en milieu acide. Plus le milieu est acide, plus il faut ajouter de l'eau Kangen. Dans une eau gazeuse, c'est le CO2 dissous sous forme d'acide carbonique H2CO3 qui fait descendre le pH jusqu'à 3. Le H2CO3 étant un acide faible, il y a donc moins d’un millième mole/litre d'ions acides H3O+ dans une telle eau. Si l'eau Kangen devait effectivement avoir un pH = 11, contenant environ un millième mole/litre d'ions basiques OH-, cette eau devrait facilement neutraliser un volume égal d'eau gazeuse et colorer en bleu la solution. Or, dans l'expérience présentée la solution reste incolore. On a probablement utilisé pour cette expérience une eau Kangen moins forte que pH=11, ou bien la boisson gazeuse était encore plus acide.

Le test de dissolution des graisses

Ici, on montre que l'eau Kangen est capable d'émulsifier – et non pas « dissoudre » - les huiles et des graisses. Mais le but est de montrer que les conglomérats moléculaires de l'eau basique Kangen sont plus petits, donc ils pénètrent mieux dans les cellules de l'organisme.

Pour cela, des tomates cerises traitées aux pesticides liposolubles (solubles dans des huiles et des graisses), qui se trouvent sur la peau de ces fruits, sont placées dans un verre. En lavant ces fruits dans l'eau de ville, les pesticides ne sont évidemment pas enlevés puisqu'ils sont insolubles dans l'eau à peu près neutre.

En versant un peu d'huile d'olive dans un verre, on voit que l'eau de ville ne se mélange pas avec l'huile. Par contre, l'eau Kangen, fortement basique met immédiatement l'huile en émulsion. Il n'y a évidemment pas de « dissolution », mais uniquement la formation de petites bulles d'huile enrobées d'ions basiques hydroxydes, ce qui confère à l'eau un aspect laiteux. Le phénomène qu'on appelle « émulsification » provient tout simplement de l'abaissement de la tension superficielle de l'eau suite à son caractère basique. On en conclut que l'eau Kangen peut aussi servir à nettoyer les tapis. Personnellement, je pense qu'il y a des produits commerciaux plus efficaces et moins chers pour cet usage.

Par après, l'eau de ville et l'eau Kangen en contact avec les tomates sont comparées. Cette dernière se colore en jaune rosâtre. On en conclut que cette coloration jaune contient les pesticides. De ce fait, les tomates et les légumes cuits dans l'eau Kangen auront un goût supérieur à ceux cuits dans de l'eau de ville.

A mon avis, bien que pour le prouver il faudrait faire d'autres expériences, la coloration rose peut aussi provenir de celle de la tomate attaquée par l'eau basique. Quant au goût des légumes cuits, l'affirmation est juste, non pas à cause du caractère basique de l'eau, mais à cause de la purification que l'eau de ville a subi avant l'électrolyse. Une simple microfiltration (bon marché) suivie d'un passage sur charbon actif améliore aussi d'une façon spectaculaire le goût de l'eau et des légumes qu'on y cuit.

Cette expérience ne prouve pas le fait (d'ailleurs contesté par certains scientifiques) que les eaux basiques ont des clusters de plus petite taille que les eaux neutres ou acides.

Le test du thé avec l'eau Kangen

Le but de ce test est de montrer que cette eau est capable de pénétrer plus facilement dans les cellules végétales pour en extraire des substances responsables de la coloration du thé. On en conclut que cette pénétration – due à la structure plus fine de l'eau Kangen – a également lieu au niveau des cellules du corps humain. L'expérience présentée n'apporte pas une preuve en ce sens. L'eau basique a effectivement une structure moins éclatée que celle d'une eau acide. Sa densité d'énergie de cohésion est aussi plus faible mais, comme nous avons vu précédemment, l'eau basique est neutralisée dans l'estomac et son caractère basique ne se manifeste plus au niveau de l'intestin grêle.

Pour comprendre cette expérience, il faut savoir que les substances responsables de la coloration du thé sont en fait des indicateurs acide-base, mais leur coloration change aussi un peu en fonction des propriétés redox de l'eau. En milieu acide ou neutre, ces indicateurs sont faiblement colorés ou incolores; en milieu basique, par contre, ils prennent une coloration orange plus ou moins foncée. L'intensité de la coloration dépend essentiellement du pH de l'eau et non pas du « pouvoir pénétrant » de ses molécules.

Le lecteur peut faire à ce sujet une expérience intéressante. Préparer du thé avec de l'eau de ville à peu près neutre. Verser le thé dans deux verres identiques. Dans l'une, ajouter un peu de jus de citron, dans l'autre quelques gouttes de vinaigre. Dans les deux cas, suite à l'acidification, on observe une décoloration : le thé devient jaune pâle.

Le test du potentiel redox (ou ORP)

Ce test se propose de montrer que l'eau Kangen « est très forte en antioxydants  ». On utilise un millivoltmètre censé mesurer le « taux d'oxydation » (?) ou l'ORP de l'eau. D'après l'expérimentatrice, quand l'ORP est positif, l'eau est « oxydante »; quand la valeur est négative, l'eau devient « anti-oxydante ». Pour elle, le brunissement d'une pomme coupée en deux est signe d'oxydation. Elle signale également que « la vitamine C a un ORP de -50 » millivolts. Or la vitamine C (acide ascorbique) est un réducteur. Ce qui montre bien que les réducteurs ont un ORP négatif. « Le thé vert est à -100 », ce qui signifierait qu'il est encore plus « antioxydant » que la vitamine C. « L'huile de foie de morue est à -200 », elle est donc encore plus « anti-oxydante »[8]. Ici aussi je me sens un peu mal à l'aise lorsqu'on fait entendre que le thé vert avec son ORP -100 serait « plus réducteur » que l'acide ascorbique dont l’ORP ne serait que -50. La valeur de l'ORP est proportionnelle au logarithme de la concentration. Le pouvoir réducteur se compare donc à concentrations égales. Comment calculer la « concentration molaire » d'un thé vert ou celle d'un jus de citron?

[8]
J'ai toujours été étonné d'entendre parler des mesures d'ORP dans des substances autres que l'eau. L'huile de foie de morue ne conduit pas l'électricité. La mesure directe d'un ORP y est donc techniquement impossible. De telles mesures, hors du milieu aqueux, n'ont aucune signification électrochimique. Dans le meilleur des cas, on peut émulsifier ces huiles avec de l'eau basique (précisément, car pour émulsifier, comme dans le test sur les huiles, il faut une eau basique). Dans l'émulsion, nous mesurons surtout l'ORP de l'eau en contact avec les particules d'émulsion. La valeur mesurée ne prouve absolument pas le caractère réducteur de l'huile mise en émulsion. Sauf preuve du contraire, les propriétés comme l'ORP de l'eau ne sont guère modifiées par des substances, insolubles dans l'eau. Nous allons voir par la suite, que l'ORP des solutions basiques est toujours très bas, voire négatif, même au cas où ces solutions n'ont absolument pas de propriétés réductrices, même quand elles sont « indifférentes » voire même « oxydantes » au point de vue redox.

La situation est plus complexe qu’elle ne l'est présentée sur ce petit film. La mesure de l'ORP ne reflète pas d'une manière aussi simple le pouvoir oxydant ou réducteur d'une solution aqueuse. Pour interpréter valablement les mesures de potentiel (selon l’équation (13) du chapitre sur la théorie), il faut avoir recours à la théorie unitaire des réactions redox et acide-base [9].

[9]
La théorie unitaire des réactions oxydo-réduction et acide-base est exposée dans deux publications : J. Országh, « Réactions d'oxydo-réduction et acido-basiques : Vers une approche théorique et expérimentale plus cohérente » Sciences du Vivant, (Éditions Arys, Paris), volume 1, pages 23-34 (1990).et J. Országh, « L'eau en tant que système rédox » ibid. volume 2. pages 81-97 (1991). Lire aussi l'article de J. Országh « Mémoire de l'eau et bio-électronique Vincent : le même combat? » dans la revue Sources Vitales (Association de Bio-électronique Vincent) Les textes de ces articles sont disponibles sur demande chez le gestionnaire du site www.eautarcie.org/contact.

Les eaux minérales présentées dans l'expérience sont toutes légèrement oxydantes, indifférentes ou légèrement réductrices au point de vue redox. Leur ORP reflète donc surtout leur acidité ou basicité et, dans une moindre mesure seulement, leur caractère « antioxydant ».

Un deuxième test sur le caractère antioxydant

Pendant ce test, on montre comment l'eau Kangen est capable de neutraliser une solution Betadine (désinfectant). Il s'agit d'une solution bactéricide contenant de l'iode. Cette propriété provient de son caractère oxydant (capteur d'électrons). Grâce à l'adjonction de l'eau Kangen, la solution initialement brune se décolore, montrant la disparition de l'oxydant. C'est la seule expérience présentée par les promoteurs de cette eau qui soit convaincante. On voit effectivement la désactivation d'un oxydant par réduction.

Cette propriété est à la base des effets spectaculaires observés dans le domaine des applications médicales, mais pas le caractère basique.

La comparaison avec les eaux minérales

Lors de la présentation de ses propriétés « anti-oxydantes », l'eau Kangen est souvent comparée aux eaux minérales vendues dans le commerce. Dans le tableau ci-joint, nous reprenons les mesures de l’ORP faites sur diverses eaux et l'eau électronisée. La présentatrice du petit film de démonstration insiste sur le fait que les eaux gazeuses acides et même les eaux qui ont un ORP positif sont « nuisibles à la santé, car elles sont oxydantes et provoquent l'acidification de l'organisme ».

En lisant attentivement le chapitre consacré à la théorie unitaire des réactions redox et acide-base, on découvre que:

Dans le tableau qui suit, nous avons repris des mesures présentées sur le site Aquarion faisant la promotion de l'eau Kangen. À la dernière colonne, nous avons indiqué la valeur de rH2 calculée au départ de pH et de ORP présentés (après correction).

Le nom de l'eau pH ORP en mV
(non corrigé)
rH2
(calculé)
Caractère
de l’eau
Aquafina 5,34 +381 30,3 Oxydante
Arrowhead Spring Water 7,42 +275 30,9 Oxydante
Évian 7,64 +295 32,0 Oxydante
Fiji 7,60 +357 34,0 Oxydante
Smart Water 5,90 +305 29,9 Indifférente
Real Alkalized Water 7,90 -25 21,7 Réductrice
Evamor 9,18 +174 31,0 Oxydante
Penta 5,27 +390 30,5 Oxydante
Essentia 9,26 +179 31,3 Oxydante
Alive Wellness Water 3,24 +415 27,3 Indifférente
Vitamin Water 3,34 +438 28,2 Indifférente
Dasani Plus 3,04 +290 22,6 Réductrice
Vital Lifestyle Water 3,72 +426 28,6 Indifférente
Crystal Geyser Sparkling 5,72 +324 29,2 Indifférente
Perrier 5,53 +392 31 Oxydante
Aquarion Water Ionizer 10,5 -850 -1,0 Très réductrice

En regardant les valeurs de l'ORP (mesurées) et les valeurs de rH2 calculées au départ de l'ORP et du pH, on voit immédiatement que les conclusions tirées en se basant uniquement sur l'ORP mesurés diffèrent de celles issues d'un calcul électrochimique.

Nous insistons sur le fait que l'ORP d'une eau qu'on rend progressivement basique (avec de la soude par exemple), diminue linéairement avec le pH. À partir de l'équation (14) du chapitre sur la théorie, on tire :

E = (rH2 – 2pH)/33,8 [Volt]

Il n'est donc pas étonnant que les eaux basiques, même quand elles ne sont pas réductrices, ont un potentiel E (ou ORP) très bas, voire négatif. Cette valeur basse n'a rien à voir avec le caractère « antioxydant ».

Inversement, une eau acide, même indifférente, aura un potentiel E élevé, sans qu'elle soit nécessairement oxydante. Lorsque l’ORP devient faible, l'eau peut devenir réductrice malgré le caractère acide. Un bon exemple en est l'eau « Dasani Plus » avec pH=3,4 et un ORP=+209mV (non corrigé). Malgré cela, son est rH2=22,6 ce qui classe cette eau dans la catégorie « fortement anti-oxydante ».

Le contre-exemple est l'eau basique « Evamor » avec pH=9,18 un ORP=+174 (donc plus faible que celui de l'eau « Dasani Plus »). Cette eau, en débit de son caractère basique et son ORP peu élevé est quand-même oxydante, avec un rH2=31. C'est le rH2 moyen des eaux de distribution désinfectées au chlore. Ce caractère est encore plus accentué dans le cas de l'eau « Essentia ».

L'eau provenant de l'« Aquarion Water ionizer » avec un pH=10,5 et un ORP=-850mV, bat évidemment tous les records avec son caractère réducteur (antioxydant). Son rH2 calculé est de -1! Une valeur négative pour le rH2 n'a, en principe, pas de signification physique. Il peut s'agir d'une légère erreur de mesure, ou bien l'existence d'une solution instable au point de vue thermodynamique. Une valeur négative pour le rH2 impliquerait une activité d'hydrogène supérieure à l'unité. Nous n'excluons évidemment pas la possibilité d'existence de solutions aqueuses instables au point de vue thermodynamique ayant une activité électronique très élevée, issues d'une cellule d'électrolyse. Mais l'existence de telles solutions doit encore être confirmée par d'autres expériences.

Pour faire comprendre clairement cette affirmation, nous allons examiner les phénomènes qui ont lieu dans la cellule d'électrolyse, qui donnera un éclairage nouveau sur les possibilités thérapeutiques de cette eau.

Que se passe-t-il sur la cathode?

L'eau Kangen pour usage thérapeutique se forme dans une cellule d'électrolyse à la cathode.

Pour une meilleure compréhension de ce qui suit, le lecteur a intérêt à lire au moins dans les grandes lignes la page consacrée à la théorie unitaire des réactions acide-base et oxydation-réduction.

La cathode est une électrode métallique inerte (probablement faite de platine [10] ou d'un autre métal peu oxydable) capable de fournir des électrons. Elle porte une charge électrique négative qui attire les cations (ions portant une ou plusieurs charges positives).

[10]
En se basant sur les propriétés redox du couple Pt/PtO, on sait que le platine métallique ne s'oxyde absolument pas dans une solution dont le rH2 est inférieur à 33. A la cathode ce métal reste donc inattaquable. La crainte d'une dissolution de « métaux lourds » pendant l'électrolyse est non fondée.

La formation d'une solution fortement basique

En matière de cation, dans l'eau de ville il y a surtout du calcium, du sodium et, en plus faible quantité, du magnésium et du potassium. Ce sont des métaux alcalins ou alcalino-terreux qui ont une très grande affinité vis-à-vis de l'eau. Les ions de ces métaux : Na+, Ca2+, K+ et Mg2+ sont donc attirés par la cathode où ils se déchargent pour former les métaux correspondant : Na, Ca, K, et Mg. Ces métaux ne peuvent cependant pas se déposer sur l'électrode, car ils réagissent immédiatement avec l'eau et se remettent en solution

Na + H2O → NaOH + H·
Ca + 2 H2O → Ca(OH)2 + 2 H·

pour former les hydroxydes correspondants NaOH (soude caustique) et Ca(OH)2 (chaux éteinte). Il en est de même avec le potassium et le magnésium. Il se forme en même temps de l'hydrogène dit « naissant », un atome neutre d'hydrogène H· possédant un électron non apparié. Il s'agit ici d'une sorte de « radical libre » qui ne peut pas plus exister seul dans l'eau que le proton H+.

L'hydrogène actif dans l'eau Kangen

Pour l'atome d'hydrogène ainsi formé, il y a deux possibilités :

A la température ambiante, la solubilité de l'hydrogène dans l'eau est de 0.0214 vol/vol, d'où son activité [H2]=10-3 mole/litre ce qui correspondrait théoriquement à un rH2=3. Comparons à présent cette valeur à celle mesurée dans l'eau Kangen forte, avec un pH=11,5 un potentiel ORP de -650 mV (par rapport à l'électrode normale d'hydrogène).

Avec ces données, on calcule le rH2 à l'aide de la formule

rH2 = 33,85(ORP) + 2 pH = 33,8 x(-0,650) + 2x11,5 = 1

La valeur de rH2=1 ou [H2]=0,1 signifie que dans l'eau Kangen forte, l'activité d'hydrogène est 100 fois supérieure à la solubilité naturelle de l'hydrogène. Force est de constater que l'hydrogène actif présent dans cette eau ne provient pas de la dissolution simple d'hydrogène H2* formé. Pour l'hydrogène actif, il faut donc admettre l'existence d'un autre mécanisme, inconnu jusqu'à présent, pour se maintenir en solution.

La découverte de l'eau électronisée en entraînera d'autres dans le domaine de l'électrochimie fondamentale. Les considérations développées par la suite ne sont que des hypothèses de travail qui doivent être confirmées expérimentalement, mais aussi par des calculs de mécanique quantique [11].

[11]
Il faudrait donc intégrer l'équation de Schrödinger et calculer les fonctions d'ondes des électrons contenus dans les structures moléculaires proposées ci-dessous (ou d'autres sont à proposer).

L'eau basique stabilise l'hydrogène actif

Le fait expérimental basé sur la comparaison du rH2 mesuré dans l'eau Kangen et celui calculé à partir de la solubilité d'hydrogène dans l'eau ne sont qu'une preuve expérimentale indirecte de l'existence de structures qui stabilisent l'hydrogène naissant. A ma connaissance, l'eau Kangen n'a jamais fait l'objet d'une étude théorique (calculs de mécanique quantique) sur les structures moléculaires qui peuvent y être présentes.

Voici une des hypothèses qu'on pourrait formuler :

Deux atomes d'hydrogène « naissant » forment une molécule excitée H2* qui, en milieu basique, est facilement polarisable par le champ électrostatique d'un ion d'hydroxyde OH-. Ce dernier en capte un proton H+ pour se transformer en eau : en fait, l'affinité des ions OH- est grande vis-à-vis des protons H+. Il reste donc un anion d'hydrogène H- (que certains appellent « hydrure ») possédant une charge électrique négative. En fait, deux électrons de cet ion sont placés sur une orbitale 1s qui de ce fait est complet (possède la configuration électronique de l'hélium): les électrons sont appariés. A cause d'une grande répulsion électrostatique, le noyau de l'hydrogène n'est pas capable de « retenir » un deuxième électron. Les molécules dipolaires d'eau, avec leur charge positive située sur les deux hydrogènes, attirent donc cet anion instable pour former un nouvel ion que j'appellerais « hydranion » : H3O- [12]. La charge électrique supplémentaire de l'ion d'hydrogène cherche donc une structure de relaxation. Dans un plus grand ensemble (H3O- étant plus grand que H-), son énergie est mieux répartie, ce qui constitue une sorte de stabilisation. Au point de vue de mécanique quantique, il s'agit de la stabilisation d'une particule enfermée dans une « boîte » plus grande. Grâce aux liaisons d'hydrogène, cet électron devient encore plus stable dans des structures éphémères polymériques de plus grande taille, toujours présentes dans l'eau. Le fait expérimental prouve l'existence de cet électron actif, mais lié à une structure moléculaire plus étendue, puisque le potentiel descend à une valeur incompatible avec la solubilité d'hydrogène. En toute rigueur, on ne peut même pas parler de l'hydranion comme d’un ion autonome. Il ne peut exister sans la structure polymérique de l'eau qui stabilise son énergie. Au point de vue électrochimique, on mesure une activité électronique élevée (rH2 bas).

[12]
En dépit de leur similitude, l'« hydranion » H3O- ne doit pas être confondu avec l'ion « hydroxonium » H3O+. D'un autre côté, parler de l'existence de l'ion H- « hydrure » en solution aqueuse me paraît abusif. Le noyau de l'atome d'hydrogène n'est pas capable de retenir deux électrons sur une orbitale 1s, proche du noyau, même si le deuxième électron réalise la configuration électronique de l'hélium. Nous ne nions pas la naissance de cet ion pendant l'électrolyse, mais sans un mécanisme de stabilisation, sa durée de vie ne dépasserait pas une picoseconde.

Au point de vue de la structure géométrique, l'hydranion H3O- se forme par des liaisons du type σ (prononcer « sigma ») entre l'oxygène central et les atomes d'hydrogène. Il reste encore sur l'oxygène un doublet d'électrons non liants. D'après la théorie de VSEPR du chimiste canadien Gillespie, cette situation correspond à une forme de pyramide à base triangulaire. En effet, un des deux électrons de l'ion d'hydrogène H- forme avec un électron non apparié de l'oxygène une liaison σ. L'autre électron de l'hydrogène H-, avec le dernier électron (toujours non apparié) de l'oxygène, forme une paire circulant sur un orbital non liant. Autour de l'oxygène, cet orbital non liant se situe au sommet de la pyramide à base de triangle. De ce fait, les quatre paires d'électrons (trois liantes et un non liant) autour de l'oxygène forment une structure en forme de tétraèdre dont le centre est l'atome d'oxygène. La molécule (ou plus exactement l'ion) H3O- a une structure identique à celle de la molécule d'ammoniac NH3. Ici aussi, l'azote central possède au sommet d'une pyramide à base triangulaire une paire d'électrons non liants. L’hydranion est aussi une base de type Lewis. Il s'agit ici d'une base de type Lewis. La différence entre NH3 et H3O- réside dans le fait que l'oxygène possède un électron de valence de plus que l'azote, ce qui confère à l'ensemble H3O-, une charge électrique globale négative.

Au cas où la viabilité de cette structure devait être confirmée par des calculs de mécanique quantique, on aurait une explication de l'augmentation spectaculaire de l'activité électronique dans l'eau électronisée. Cette augmentation (fait expérimental!) peut rendre toute la solution aqueuse instable au point de vue thermodynamique. Nous sommes en-dehors du domaine de stabilité de l'eau.

Pour retrouver l'équilibre, cette solution doit dégager de l'hydrogène moléculaire H2. Le tout est de savoir quel est le temps moyen de vie d'un hydranion H3O- [13]? D'après les indications, la décroissance des propriétés réductrices de l'eau Kangen, donc la désactivation des hydranions, prend plusieurs heures. Le processus a très probablement lieu suivant une décroissance exponentielle de premier ordre. Donc, pour profiter des propriétés réductrices de l'eau électronisée, il vaut mieux la consommer peu après la préparation.

[13]
Pour établir cette loi cinétique, il suffit de mesurer le rH2 d'une eau Kangen, dès sa préparation, en fonction du temps t et calculer la constante cinétique k au départ de la relation (qui sera probablement linéaire) : rH2=kt.

L'hydranion H3O- est un véritable « tueur de radicaux libres » d'une efficacité redoutable. Il est responsable de l'activité électronique extrêmement élevée (rH2 très bas) de l'eau Kangen.

Appeler donc l'eau Kangen « eau ionisée » ne correspond pas à une réalité à l'échelle moléculaire. Pendant l'électrolyse, le nombre d'ions négatifs et positifs ne change pas. Par contre, la solution acquiert une activité électronique élevée, donc des électrons disponibles pour la désactivation des radicaux libres. Il est donc plus juste de parler d'eau électronisée.

Au point de vue thermodynamique, la désactivation des radicaux libres par les hydranions provient de la tendance énergétique (enthalpie libre ΔG°298 négative pour le processus) d'une solution instable pour retrouver son équilibre. C'est le véritable secret de l'eau électronisée. En ce sens, elle diffère fondamentalement de toutes les solutions aqueuses à rH2 bas obtenus par la présence des enzymes réducteurs (Algother, Mycothers. Ferments de vie, etc.).

« Active-H » ou l'hydranion stabilisé

Nous avons vu que l'existence de l'hydranion est liée à une ou éventuellement plusieurs structures moléculaires dans un environnement hors du domaine d'existence thermodynamique des solutions aqueuses. Son activité est précisément liée à cet état de déséquilibre. Le « moteur » de son action pour désactiver les radicaux libre est la diminution de l'enthalpie libre de la solution pour retrouver son équilibre.

Une des questions primordiales est de savoir si un tel état métastable peut-il ou non exister hors du milieu aqueux. On trouve actuellement dans le commerce des produits solides appelés « Active-H » ou Microhydrin® qui, une fois mis en contact avec l'eau, y génèrerait des hydranions. Si tel était réellement le cas, nous ne pouvons que regretter le fait que la nature de ces produits ne soit pas communiquée au monde des scientifiques.

Nous sommes donc réduits à des hypothèses quant à la finalité réelle de cette démarche commerciale. Admettons que le produit en question génère effectivement des hydranions, dans ce cas, nous avons affaire à un médicament d'une puissance incroyable pour lutter contre toute une série de maladies causées par l'altération oxydante du terrain bioélectronique. L'inventeur serait alors un véritable « bienfaiteur » de l'humanité. Il devrait breveter son invention et mettre au service de la médecine.

Soit le produit contient un enzyme (ou plusieurs) dont l'action est une ou plusieurs types de fermentation(s) produisant un milieu ayant un ORP assez négatif. Faute de calculer le rH2, ceux qui examinent ces produits peuvent attribuer le potentiel négatif obtenu à l'action de l'hydrogène actif, alors qu'on n'est pas encore hors du domaine d'existence thermodynamique des solutions aqueuses. L'action est bénéfique, sans être révolutionnaire.

Sur base de ce que nous avons mis en évidence sur le mécanisme de formation des hydranions dans une cellule d'électrolyse, nous pouvons proposer la fabrication d'un médicament qui conserve à l'état solide les qualités d'une eau Kangen forte. Dans ce cas, dans l'intestin grêle, on réalise l'action électrochimique de la cathode qui génère une grande quantité d'hydranions qui passent directement dans le sang. Il s'agirait d'un médicament d'une très grande efficacité, sans passer par le procédé d'électrolyse. Le secret est dans la création d'un équilibre métastable dans l'intestin.

Les réactions chimiques à l'anode

On fabrique de l'eau de Javel activée

Les anions qui portent les charges négatives dans la cellule d'électrolyse sont pour la plupart des chlorures, des carbonates et des sulfates. Eu égard aux propriétés redox du couple Cl-/Cl2, ce sont surtout les chlorures qui se laisseront le plus facilement oxyder sur l'anode, suivant la réaction :

2 Cl- - 2 e- → Cl2*

Les ions chlorure cèdent donc leurs électrons à l'anode et se transforment en chlore « naissant » Cl2* extrêmement actif.

Grâce à sa grande réactivité, le chlore déplace l'équilibre H3O+/OH- en consommant les ions OH- par la réaction :

Cl2 + 2 OH- → Cl- + ClO- + H2O

Les ions hypochlorite ClO-, avec les ions de sodium toujours présents dans l'eau de ville, forment l'hypochlorite de sodium NaClO dont la solution aqueuse n'est autre que l'eau de Javel. Avec la dissolution du chlore et la formation d'ions hypochlorite, grâce à la consommation d'ions OH-, l'eau devient de plus en plus acide. On comprend à présent les propriétés acides et antiseptiques de l'eau qui se forme à l'anode.

Il ne s'agit cependant pas d'une simple solution diluée d'eau de Javel. D'autres réactions ont lieu sur l'anode qui modifient en profondeur les propriétés de l'eau qu'on pourrait appeler « eau désélectronisée ». Nous pouvons facilement avoir une preuve expérimentale de ces autres réactions en comparant le rH2 de l'eau Kangen avec celui d'une eau de même composition, mais ne contenant que de l'hypochlorite de sodium.

La désélectronisation sur l'anode

Parallèlement à la formation d'hypochlorite de sodium, l'anode « avide d'électrons » attire aussi les ions hydroxydes. Leur oxydation déclenche un processus de désélectronisation de l'eau, entraînant une augmentation spectaculaire de l'activité d'oxygène :

2 OH- - 2 e- → H2O + O*

OH- - e- → HO·*

O* et HO·* peuvent être assimilés aux deux formes possibles d'oxygène « naissant », hautement instables. O* réagit immédiatement avec l'eau pour donner du peroxyde d'hydrogène H2O2* à l'état excité :

O* + H2O → H2O2*

HO·* est un radical libre qui possède un électron non apparié. Deux de ces radicaux libres peuvent se mettre ensemble pour donner aussi du peroxyde d'hydrogène excité :

2 HO·* → H2O2*

Le caractère oxydant de l'eau obtenue ne fait pas de doute. La question est de connaître son activité d'oxygène [O2]. La réponse ne peut être obtenue que par la mesure de l'ORP de l'eau à l'anode.

A l'état normal, le peroxyde d'hydrogène se décompose spontanément en eau et en di-oxygène : 2H2O2 → 2H2O + O2. Toutefois, l'oxygène gazeux formé au départ du peroxyde d'hydrogène excité, directement issu de l'électrolyse a des chances d'avoir une activité thermodynamique supérieure à celle de l'oxygène gazeux dissous tout simplement dans l'eau [14].

[14]
A ce sujet, nous avons fait en 1989 des mesures en laboratoire et mesuré le rH2 de l'eau saturée en oxygène gazeux dans différentes conditions. La solubilité de l'oxygène dans l'eau à 25° est [O2] = 8,26 mg/l = 2,6.10-4 mole/litre. En assimilant la solubilité à l'activité, le rO2 de l'eau saturée en oxygène devrait être 3,6, ce qui correspond à un rH2 = 40,2! Au laboratoire, pendant qu'on sature l'eau en oxygène sous une pression de un bar, le rH2 ne dépasse jamais 29. L'oxygène gazeux dissous dans l'eau est donc complètement inactif. Ce qui est encore plus surprenant est que l'adjonction d'un acide (HCl) ou d'une base (NaOH)-donc le changement du pH- ne modifie pas le rH2 de l'eau saturée en oxygène (pas plus d’ailleurs que celui de l’eau sans oxygène).

Pour en savoir plus, il faudrait donc mesurer l'ORP et le pH de l'eau obtenue à l'anode. Quant à son acidité, on peut faire une estimation. Lorsqu'à la cathode, on obtient une eau basique de pH=11,5, en se basant sur l'équilibre des charges dans les deux compartiments d'électrolyse et en posant que l'eau initiale était neutre (pH=7), il y a des chances que le pH soit entre 3,5 et 4. Pour l'estimation de l'activité d'oxygène, supposons un pH=4, ce qui correspond à un pOH=10. En descendant le pH de 7 à 4, l'anode a donc oxydé environ un millième de moles/litre d'ions hydroxydes. Dans ces conditions, il s'est formé 5.10-4 mole d'oxygène O2* actif par litre. La limite inférieure pour le rO2 se situe donc à 3,3. En se basant sur l’équation (8) du chapitre sur la théorie, la limite supérieure du rH2 sera donc à rH2 = (84-3,3)/2 = 40,35. Cette valeur est pratiquement identique à celle calculée au départ de la solubilité de l'oxygène dans l'eau (rH2=40,2).

Même faute de mesures de l’ORP, on peut admettre avec une bonne approximation que tout l'oxygène dissous dans l'eau anodique se trouve sous forme activée. Il est donc tout à fait légitime de parler d'« eau de Javel activée ».

L'eau obtenue à l'anode a des chances d'avoir un rH2 bien au-dessus de celui de l'eau de Javel de même concentration. L'eau anodique sera d'autant plus oxydant qu'elle est plus basique à l'entrée.

Les effets physiologiques probables des eaux issues de l'électrolyse

L'eau obtenue à l'anode

Une solution avec un rH2 de l'ordre de 40 (!) a des chances d'avoir des effets physiologiques spectaculaires. L'oxygène actif présent en concentration élevée peut modifier d'une manière brutale les coordonnées bioélectroniques du sang dans le sens de l'oxydation. L'équilibre hémoglobine/oxyhémoglobine se déplace dans le sens (Fe2+ Fe3+) de la (sur)saturation en oxygène, ou plus exactement oxydation. A ce niveau, soit il y a un effet de compensation au niveau pulmonaire, soit il n'y en a pas. Si cette compensation n'a pas lieu, il y a augmentation de la quantification de Vincent W qui a pour effet l'augmentation de la vitesse de dissipation d'énergie au niveau cellulaire : accélération du vieillissement, mais aussi augmentation spectaculaire de la résistance à la fatigue musculaire.

En médecine bioélectronique, l'augmentation du rH2 du sang est interprétée comme une « altération du terrain bioélectronique » vers des pathologies comme les cancers, ostéoporose, coxarthrose, sclérose en plaques et sensibilité aux infections virales [15].

[15]
Pour donner une image sur les effets physiologiques des eaux produites par un appareil d'électrolyse, on pourrait comparer l'eau Kangen basique et réductrice au « côté clair de la force » dans le conte de George Lucas, « Star Wars », tandis que l'eau acide obtenue à l'anode est le « côté obscur de la force », car dans les deux cas il s'agit de la même « force »: les effets de déplacement des équilibres redox.

La comparaison n'est pas 100% juste, car le côté clair a aussi ses zones d'ombre, comme le côté obscur peut aussi avoir des applications intéressantes. La consommation de l'eau basique et réductrice, en tant qu'eau de table, peut finalement altérer aussi le « terrain bioélectronique » de l'organisme, mais vers des valeurs trop faibles de rH2. Cet aspect médical n'a pas encore été détecté, car les médicaments utilisés en médecine bioélectronique n'avaient pas l'efficacité de l'eau Kangen. Le passage du rH2 du sang en dessous de la valeur limite (21<rH2<24) de « santé parfaite » peut sensibiliser l'organisme à d'autres maladies. L'excès des bonnes choses peut virer à la nuisance. De même, l'eau acide et oxydante obtenue à l'anode peut aussi avoir son utilisation, précisément dans le traitement des mycoses (uniquement en usage externe) et peut favoriser la cicatrisation des blessures superficielles (toujours en usage externe). On peut aisément prévoir d'autres usages aussi, notamment dans le traitement « doux » (sans antibiotiques, donc sans possibilité d'accoutumance pour les bactéries) des maladies infectieuses aiguës bactériennes. Ces utilisations éventuelles sont encore à tester au point de vue clinique. Il ne s'agit ici que des prévisions théoriques.

L'eau obtenue à la cathode

Avec son activité électronique élevée, la correction du « terrain bioélectronique » se fait d'une manière beaucoup plus efficace qu'avec les médicaments jusqu'à présent utilisés en médecine bioélectronique. En regardant les vidéos des coloscopies faites sur des patients ayant eu une cure d'eau Kangen, on est impressionné par l'efficacité anti-oxydante de cette eau. Pour obtenir cette efficacité, les ions hydranion H3O- ne semblent pas avoir été déstabilisés par la neutralisation de l'eau Kangen par les sucs gastriques. Cette situation est d'autant plus probable que dans l'intestin grêle la bile fait repasser les liquides en milieu basique qui stabilise l'hydranion. Le passage des ions hydranion dans le sang devient donc immédiat et direct, avec des effets étonnants.

Il n'y a que des vérifications faites avec un bioélectronimètre médical [16] qui apporteraient la preuve irréfutable du passage des hydranions dans le sang. On pourra, dès lors confirmer et vérifier l’effet thérapeutique observé avec l'eau Kangen. Il y a des chances qu'il en soit ainsi. Avec l'eau électronisée, le praticien dispose d'un moyen puissant et facile à utiliser pour corriger le terrain bioélectronique de son malade. Mais attention, le passage des ions H3O- peut rapidement plonger le rH2 en dessous du niveau de sécurité. Afin d'éviter des effets secondaires catastrophiques, une cure d'eau électronisée est donc à surveiller de près avec des mesures bioélectroniques.

[16]
Soit la mesure directe in vivo des coordonnées bioélectroniques faites sur le sang du patient. La société belge CONSORT est la seule à avoir mis sur le marché un bioélectronimètre de laboratoire dont le logiciel incorporé calcule et affiche automatiquement les coordonnées bioélectroniques suivant la théorie unitaire des réactions redox et acide-base, communiquée à la société par l'Université de Mons. La société MED-TRONIK a repris la partie électronique de CONSORT et a fabriqué des bioélectronimètres médicaux. (Publicité gratuite : bien que l'Université de Mons n'a, jusqu'à présent, jamais réclamé des royalties pour la communication des formules pratiques de corrections des coordonnées bioélectroniques)

Guérir avec l'eau électronisée

Le praticien a heureusement la possibilité de doser de manière appropriée la quantité de H3O- à administrer : suffisante pour corriger le terrain, mais pas de trop pour le plonger dans les domaines réducteurs également dangereux. Pour cela, l'appareil d'électrolyse peut être réglé pour produire une eau plus ou moins réductrice. La pratique médicale montrera rapidement les limites de sécurité pour l'usage de l'eau électronisée.

Les domaines où l'eau électronisée peut apporter de succès dans le traitement des maladies sont nombreux. Sans avoir fait des observations cliniques, on est réduit à formuler des hypothèses qui constituent évidemment des pistes de recherches médicales vraiment prometteuses.

De par ses dispositions génétiques, chaque individu réagit autrement à la dégradation de son terrain bioélectronique. A partir d'une sensibilité aux maladies virales, en passant par la perturbation de l'assimilation du calcium et du magnésium, jusqu'à l'apparition de la sclérose en plaque, une grande variété de réactions pathologiques est possible.

Il y a des chances que l'eau faiblement électronisée deviendra un moyen puissant de prévention de tout les types de cancer. Cependant, son dosage doit toujours se faire sous surveillance médicale.

En admettant l'hypothèse de Daniel Pinon sur la régulation des équilibres Na+/K+ et Mg2+/Ca2+ par le rH2 du sang, le surdosage d'hydranion H3O- peut, à son tour, perturber l'assimilation du magnésium. Ici aussi, la bonne mesure s'impose.

Les maladies virales

Sur le diagramme de Vincent, les conditions pour le développement explosif des virus se situent sur un terrain fortement oxydé. Il semblerait que la consommation d'aliments stérilisés, désinfectés, pasteurisés, l'usage (même externe) de l'eau désinfectée au chlore ainsi que les vaccins amènent progressivement le rH2 du sang vers ce domaine. Les mesures bioélectroniques montrent d'ailleurs que les coordonnées du sang des cancéreux au dernier stade de développement de la maladie, sont identiques à celle d'une eau de ville désinfectée au chlore.

Dans le traitement de la grippe (maladie virale), tout le monde admet l'efficacité de la vitamine C. Or, l'acide ascorbique est un puissant réducteur. L'effet favorable de la vitamine C dans le traitement des maladies virales, mais aussi dans la prévention du cancer, provient tout simplement de son caractère réducteur, abaissant le rH2. La prise de vitamine C à dissolution lente avec l'eau électronisée en décuple l’efficacité dans le traitement des cancers.

Il faut remarquer aussi que le jus de tous les fruits est réducteur à des degrés divers (tout en étant aussi acide!). « L'acidification de l'organisme » n'est pas la cause de nombreuses maladies, mais semble en être plutôt la conséquence. La clef se trouve dans l'altération du terrain bio-électronique vers le domaine de l'oxydation. L'acidification n'est qu'un effet secondaire. Personne ne nie « l'effet alcalinisant » des légumes lactofermentés très acides, mais fortement réducteurs. Leur action, par rapport aux simples jus de fruits est renforcée par les enzymes capables de « survivre » à l'acidité de l'estomac. Dans l'intestin grêle, ces enzymes s'activent et abaissent le rH2. Cependant cette action, tout en étant plus efficace que celle de la vitamine C ou les jus de fruits, reste faible par rapport à celle de l'eau électronisée.

Ce n'est pas tuer les virus qu'il faut, mais modifier les propriétés électrochimiques du sang pour rendre leur multiplication impossible. La vaccination est la grosse artillerie qui détruit tout, avec des « dommages collatéraux ». La modification du terrain bioélectronique supprime l'élément vital pour la multiplication des virus. Ceux-ci peuvent entrer dans l'organisme, mais sur un terrain réducteur ils sont incapables de se multiplier. Il ne faut pas oublier que le rH2 du terrain de « santé parfaite » se trouve entre 21 et 24. Dans ces conditions, le virus (probablement même le HIV) est tout simplement inopérant.

La place de l'eau électronisée dans la médecine

Sans être une « panacée universelle », l'eau électronisée et même le sous-produit de sa fabrication, l'eau désélectronisée, ont leur place dans la pratique médicale. Eu égard à leur effets secondaires, l'usage doit être fait sous surveillance.

Afin d'exploiter toutes les possibilités de l'eau électronisée, les concepts de la médecine bioélectronique devraient être largement diffusés dans les milieux médicaux. En effet, le contrôle médical de l'usage de cette eau se fait à l'aide d'un bioélectronimètre médical. Ce dernier devrait entrer dans les laboratoires d'analyses.

La bioélectronique ouvre des perspectives vers des nouvelles recherches médicales pour le traitement d'une série de maladies graves. L'avantage de l'eau électronisée est son innocuité relative. Les observations cliniques peuvent directement être entreprises dans les hôpitaux et cliniques, voire même par des médecins dans leur pratique privée.

Au niveau de l'enseignement dans les facultés de médecine, les applications de l'électrochimie et de la thermodynamique dans l'art de guérir ouvre des horizons nouveaux dans la recherche médicale. Nous ne sommes qu'au début d'une série de découvertes très prometteuses.

L'appareil d'électrolyse pour la production d'eau Kangen a évidemment sa place dans les cabinets médicaux, dans toutes les pharmacies et aussi dans les dispensaires, cliniques et des hôpitaux. De même qu’il est possible de louer par le biais des assurances maladies du matériel orthopédique lors de revalidation, il devrait être possible de louer un appareil d’électrolyse pour les malades dont le traitement nécessite une cure prolongée d'eau électronisée.

La bioélectronique médicale et l'eau électronisée

Louis-Claude Vincent était formel pour déconseiller la consommation des eaux basiques. Cette affirmation, prise au pied de la lettre a conditionné les praticiens de la bioélectronique médicale. Ceux-ci ont parfois du mal à admettre qu'une eau basique puisse être bonne pour la santé. A son époque, on ne connaissait pas l'eau électronisée. Ce serait une erreur de faire l'amalgame entre les eaux thérapeutiques et les eaux de table. Vincent avait entièrement raison de déconseiller la consommation régulière des eaux basiques, surtout à un pH supérieur à 8 ou même à 8,5. Ces eaux sont en général dures (contenant du calcaire) ou bien elles contiennent des électrolytes basiques comme la soude, la potasse, la chaux ou la magnésie. Par contre, les eaux naturellement acides sont toujours très douces (contiennent peu de calcaire) et leur acidité est souvent liée à des colloïdes de silice. Ces derniers sont de véritables médicaments homéopathiques pour stimuler l'assimilation du calcium. En cas d'ostéoporose, boire de l'eau dure (contenant beaucoup de calcium) ne sert à rien. Il conviendrait plutôt de boire des eaux contenant de la silice colloïdale ou des tisanes de prêle qui en contient encore plus [17].

[17]
D'après l'hypothèse de Daniel Pinon, basée sur les transmutations biologiques de Louis Kervran, la transformation Si14 + C6 → Ca20, même à l'état de traces infimes, catalyserait l'assimilation du calcium. Il n'est donc pas question de faire du calcium avec de la silice et du carbone, mais un simple effet catalytique des ions calcium transmutés.

En bioélectronique non plus, il ne « faut pas être plus catholique que le Pape ». Déconseiller la consommation d'une eau dont le pH est faiblement basique est aussi peu raisonnable que diaboliser les eaux acides et gazeuses.

Il y a un autre point qui apparaît comme une sorte de dogme auprès des praticiens de la bioélectronique suivant lequel il est impossible de descendre le rH2 du sang en dessous de la valeur correspondant à la « santé parfaite ». Cette affirmation trouve son origine dans les mesures bioélectroniques faites sur des individus sains. Les traitements pour corriger le terrain ont toujours été faits avec des substances qui, une fois dissoutes dans l'eau, produisaient bien une solution avec un rH2 bas, mais ces solutions n'ont jamais dépassé la limite de stabilité thermodynamique des solutions aqueuses. Avec l'eau électronisée, la donne a changé. Avec un surdosage, on risque d'altérer le terrain vers des valeurs trop basses de rH2 qui risquent de ressusciter des maladies oubliées (peste bubonique et lèpre, entre autres) depuis des temps historiques.

En guise de conclusion

L'eau Kangen formée à la cathode est une eau extrêmement réductrice (anti-oxydante) dont les applications thérapeutiques vont bien plus loin que ne le signalent leurs promoteurs. La connaissance de la bioélectronique médicale ouvre ici des perspectives qui feraient rêver les médecins les plus audacieux. Ceux qui ont pratiqué la bioélectronique depuis plus de 50 ans n'ont encore jamais eu à leur disposition un médicament aussi puissant pour modifier ce qu'ils appellent « le terrain bioélectronique du patient ».

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