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Pour savoir comment construire sa toilette à litière, cliquez ici, ou téléchargez le schéma en format pdf. [Plans adaptés par Olivier Vienne, d'Écaussine en Belgique]

Première publication du texte de la présente page sur www.eautarcie.com : 2003

Adaptation du texte original et première publication de la présente page sur www.eautarcie.org : 2009-10-09

Mise à jour : 2013-05-05


Mode d'emploi de la TLB

C'est décidé – on utilisera une TLB

Après avoir lu les différents chapitres de ce site, nombreux sont les ménages qui comprennent l'importance de la démarche et décident d'installer chez eux une TLB. La clef de la réussite commence par un consensus familial sur le principe. En cas de désaccord, je conseille toujours aux hésitants de rendre visite à une famille qui utilise une TLB et l'entretient correctement. Un essai personnel de cette toilette vaut plus que les discours les plus convaincants.

Même à ceux qui en sont convaincus, il est plus prudent de tester chez soi, une TLB provisoire, avant l'achat d'une TLB définitive. Pour cela, on peut se procurer un seau hygiénique en plastique (vendu pour quelques euros dans les magasins spécialisés dans les objets en plastique) ou en tôle émaillée (que l'on peut se procurer en brocante).

Ce seau prendra place à côté du W.-C.. On y mettra également un panier ou un seau contenant la litière (ici, sciure ou copeaux de bois). Pendant l'usage de cette toilette provisoire, la famille peut se rendre compte de l'acceptation de cette nouvelle manière de gérer ses déjections. Si l'expérience est concluante, alors seulement on passe à l'étape suivante : l'achat d'une TLB ou sa fabrication.

Aux candidats bâtisseurs je conseille de prévoir dans l'habitation la place d'un W.-C., avec le tuyau d'évacuation et l'arrivée d'eau pour la chasse. En effet, lors de la vente éventuelle de l'habitation, l'acheteur potentiel peut ne pas vouloir utiliser une TLB. Dans ce cas, il suffit de casser la pièce de carrelage qui couvre le tuyau d'évacuation, y placer une cuvette de W.-C. et raccorder la chasse à la vanne d'arrivée d'eau installée lors de la construction. Ce travail demande une demi-heure à un plombier.

En attendant, à la place du W.-C., on installera évidemment la TLB et le système de gestion durable de l'eau pourra démarrer...

Le mode d'emploi

Comme litière, utiliser:

- des déchets végétaux secs branchages et feuilles broyées, plantes arrachées, tonte d'herbe séchée, tous les déchets de jardin, etc.

- des copeaux et sciure de bois (ce n'est pas la litière idéale, mais cela convient), cartons d'emballagedéchiquetés [1], mais aussi de paille de papier provenant d'un destructeur de document;

- tous les éléments mentionnés ci-dessus peuvent être mélangés; les déchets de jardin broyés constituent les meilleures litières.

[1]
En dépit de la présence des colorants d'imprimerie, c'est une excellente litière. Ces colorants se décomposent complètement pendant le compostage. Pour les déchiqueter, les cartons d'emballages doivent être humidifiés. On prendra également soin d'enlever les agrafes, les étiquettes et rubans autocollants en plastique.

Ce qu'il ne faut pas utiliser comme litière:

- copeaux et sciure de bois tropicaux exotiques qui peuvent générer des mauvaises odeurs et provoquer des allergies;

- sciure de bois seul, source de poussière dans la maison;

- compost ou terre de jardin; chaux, cendres, tourbe, matières minérales (litière minérale pour chats par exemple).

On dépose au départ une couche de quelques centimètres de litière au fond du seau de la toilette. La quantité de litière à ajouter s'apprend à l'usage. Trop de litière signifie vidanges fréquentes. Trop peu risque de ne pas bien maîtriser les odeurs.

Après chaque utilisation, couvrir les selles avec une feuille de papier de toilette et un peu de litière qu'on humidifie à l'aide d'un pulvérisateur pour plantes d'intérieur. Encore mieux [2]: uriner dessus, si l'on peut, en répartissant l'urine sur toute la surface de litière qui couvre les déjections. Tous les papiers de toilette conviennent et sont jetés dans le seau. Cette toilette accepte également les bandes hygiéniques et les couches culottes compostables. Faut-il encore en trouver dans le commerce. Avis aux fabricants...[3]

[2]
Cette recommandation ne s'applique qu'aux hommes. J'ai souvent constaté la présence d'odeur dans des TLB mal gérées (où l'usager précédent n'a pas pris la peine d'humidifier la litière qui couvre ses déjections). En urinant sur la litière, l'odeur disparaît aussitôt. Cette pratique est contestée par de nombreuses femmes qui constatent - après le passage de certains hommes - la présence de gouttes d'urine sur la lunette de la toilette. Comment concilier donc la maîtrise facile des odeurs avec la nécessité d'éviter les projections d'urine? Afin de les éviter, les hommes peuvent évidemment uriner assis, mais dans ce cas, leur urine ne sert plus à la maîtrise des odeurs (ou seulement dans une moindre mesure). Comme les femmes, ils doivent aussi utiliser de l'eau pour humidifier la litière. En attendant la construction des TLB munies d'un dispositif qui, après usage, vaporise un nuage d'eau sur la litière, le débat reste ouvert... Avis aux constructeurs des TLB!
[3]
Les couches-culottes et les bandes hygiéniques constituent une source de pollution non négligeable. Le remplacement de ces couches avec des langes lavables ne résout absolument pas le problème. Tout au plus, on prévient le rejet d'un déchet gênant et non biodégradable dans la nature - au prix d'une pollution des eaux suite à la lessive des langes en coton et de la destruction de la matière organique qui s'y trouve. La solution idéale est donc la fabrication des couches-culottes avec un élément absorbant amovible, fait de la cellulose fabriquée au départ des cartons d'emballage (un déchet). C'est une des bonnes filières pour la valorisation du papier non recyclable. La combustion du papier et des déchets végétaux est une destruction grave de la biosphère.

Ne pas attendre que le seau soit trop rempli et lourd pour vidanger dans le carré à compost. Éviter la mise en place de réservoirs trop grands, difficiles à manipuler. Un seau plus petit est plus facile à vider, mais... plus souvent.

Rincer et égoutter le seau avant de remettre en service. Pour cela, le plus simple est d'utiliser un robinet extérieur et une brosse de vaisselle prévu uniquement pour cet usage. Si le seau est en plastique, il vaut mieux en avoir deux: l'un étant en service, l'autre est aéré à l'extérieur. Pour enlever les odeurs absorbées par le plastique, on peut y mettre, pendant l'aération, de l'eau contenant un peu d'argile. Cette eau peut servir plusieurs fois. L'eau savonneuse des nettoyages ou des lessives convient également. Cependant, le seau en acier inoxydable est de loin préférable, mais plus onéreux. Dans ce cas, un seul seau suffit. Même le seau en acier inoxydable demande un nettoyage de fond tous les 15 jours. Pour cela, utiliser un produit de nettoyage prévu pour la baignoire. Ceux ou celles qui estiment que rincer le seau après déversement est contraignant, ou bien ils ou elles qui n'ont pas d'accès à un robinet dans leur jardin, peuvent garnir le seau d'un sac biodégradable, disponible dans le commerce. Le mode d'emploi de ces sacs est décrit dans une page publicitaire de Bernard Verheggen. Remarque : Attention, ces sacs biodégradables ont la fâcheuse tendance à se décomposer dans le seau, avant la vidange. Avant de les adopter, testez-les!

Le carré à compost qui reçoit les effluents de la toilette (maximum un mètre carré par personne) est aménagé dans un coin du jardin, à l'abri des regards. On y déposera également tous les déchets du jardin et de la cuisine. Afin d'éviter la multiplication des mouches, après chaque déversement, couvrir avec un peu de déchet de jardin, tonte d'herbe, feuilles mortes, mauvaises herbes arrachées ou paille.

Au mois de novembre de chaque année, le carré à compost est vidé. Son contenu est entassé pour faire un tas en forme de toit et couvert d'une couche d'au moins 20 cm de paille. Après une année de repos, le compost obtenu est prêt à l'emploi dans le jardin, y compris le potager.

Au lieu du compostage en tas, vous pouvez aussi opter pour le compostage de surface. C'est la solution de ceux qui n'ont qu'un tout petit jardin, mais aussi ceux qui, pour différentes raisons, ne souhaitent pas manipuler régulièrement une fourche pour transférer le compost.

Un bon résumé du mode d'emploi est visible sous forme d'une vidéo de 3 minutes en bas de la page d'accueil.

La TLB dans les pays tropicaux

On a, heureusement quelques expériences faites dans les pays tropicaux concernant l'usage des TLB. Moyennant quelques précautions, la TLB peut aussi être utilisé sous les tropiques.

L'augmentation de la température semble raccourcir le temps d'action de la litière pour la maîtrise des odeurs. Jusqu'à 25 degrés centigrades, on n'a relevé aucun problème. Au-dessus de cette température, après quelques heures, la toilette commence à sentir l'ammoniac. L'odeur est d'abord faible, mais se développe après une journée de chaleur. Ainsi, quand la température à l'intérieur de l'habitation monte vers les 30°C, après plus de 24 heures, le contenu du seau de la TLB peut éventuellement dégager une odeur. Cette odeur est encore accentuée par un seau en plastique.

La solution est simple: la TLB doit être vidée tous les jours. En utilisation intense, on la videra même plusieurs fois par jour. Lors du déversement sur le compost, on prendra soin de bien couvrir les effluents déversés avec des matériaux végétaux: litière, paille, tonte d'herbe ou même de cartons d'emballage humidifiés. Il en est de même, lors du compostage en surface. Lorsque la litière est légèrement humide, la maîtrise des odeurs en est facilitée. En milieu tropical, le compostage se fait plus rapidement qu'en Europe. Après 3 à 4 mois, on peut déjà vider le carré à compost pour entamer la seconde phase du compostage. En raison de la température plus élevée, en milieu tropical, le compostage de surface est probablement la meilleure solution. Ici, on veillera à bien couvrir les matières déversées sur le sol à fertiliser.


Dans la mesure du possible, on remplacera les seaux en plastique avec des seaux en acier inoxydable. Une solution moins chère consiste à utiliser des seaux en tôle émaillée. Une autre solution consiste à faire fabriquer par un artisan local des réservoirs émaillés pour TLB faits en terre cuite. Le réservoir cylindrique sera évidemment équipé d’une hanse pour le porter. Les seaux (bon marché) en plastique peuvent être éventuellement maintenus en affectant deux seaux ou plus à une toilette suivant les recommandations faites précédemment.

En zone de forêt tropicale humide, la TLB prendra place dans une pièce particulièrement bien aérée, éventuellement séparée de la maison d'habitation.

Il faut insister sur le fait qu’aussi bien en région sèche qu'en région tropicale, l'usage des latrines est à proscrire. Ces installations malodorantes sont extrêmement polluantes et porteuses de maladies. On ne peut que s'étonner du fait que les latrines sont encore et toujours recommandées par la plupart des spécialistes en génie sanitaire.

TLB dans les pays musulmans

Mes correspondants d'Afrique du Nord me posent souvent deux questions à propos de l'usage des toilettes à litière:

Parallèlement, ces mêmes correspondants me signalent l'installation de toilettes turques avec fosses septiques fonctionnant avec des chasses d'eau. Aussitôt, ils signalent de graves problèmes de pénurie d'eau.

À la première question, la réponse est immédiate: partout où des hommes peuvent vivre, il y a suffisamment de végétaux pour couvrir les besoins en litière cellulosique. Comme je l'ai indiqué plus haut, toute matière d'origine végétale, riche en cellulose convient comme litière: feuilles mortes, herbe coupée, taille de haies, fibres de noix de coco, plantes arrachées et tous les déchets agricoles. On me signale que dans ces mêmes pays, la stabulation des animaux se fait sur litière. Pour les TLB, il faut bien moins de litière que pour les animaux.

Une autre source cellulosique de litière se trouve dans les déchets urbains: les papiers souillés (notamment les serviettes, essuies et mouchoirs en papier) et surtout les cartons d'emballage – même imprimés. Pour être déchiquetés, ces derniers seront humidifiés, puis séchés. La litière en papier carton est de très bonne qualité et fournit un bon compost. Les colorants d'imprimerie se décomposent intégralement déjà après trois mois de compostage.

Il ne faut pas oublier que parallèlement à la consommation de déchets cellulosiques, le compostage des déjections fournit un amendement agricole organique de grande valeur pour régénérer les sols. L'humus qui s'y forme augmente la capacité de rétention d'eau du sol: les besoins en arrosage diminuent.

La suppression des chasses des toilettes turques fait économiser au moins 16.000 litres d'eau par an par personne sans parler de la pollution et du danger sanitaire résultant du traitement des eaux-vannes. L'eau utilisée dans les chasses de toilettes est soustraite à l'agriculture, dans une région où la quantité de nourriture qu'on peut produire est limitée par la disponibilité en eau. Dans les pays arides, l'usage des W.-C. à chasse pose un problème moral.

Le problème des ablutions rituelles n'en est pas un. Personnellement, je ne suis pas musulman, mais suite à un accident grave de santé, pour me maintenir propre, j'ai été contraint d'avoir recours à l'eau chaque fois que j'allais à la toilette (jusqu'à 25 fois par jour!). J'ai donc décidé de tenir prêt, à la toilette, un gant de toilette humide. Après chaque usage, je rinçais ce gant de toilette sous eau courante à un petit lavabo installé à côté de la TLB. Après 3 à 4 jours d'usage strictement personnel le gant de toilette allait à la lessive.

Je pense que cette façon de faire peut aussi convenir aux musulmans.

La cohabitation du W.-C. avec la TLB

Il arrive souvent que certains préfèrent conserver un W.-C. dans la maison, même si le ménage a opté pour l'usage quotidien de la TLB. L'argument que j'entends souvent pour justifier cette décision: «nous n'avons pas le droit d'imposer l'usage de notre TLB à nos visiteurs».

L'expérience d'un grand nombre de ménages montre que la cohabitation du W.-C. à chasse avec la TLB finit toujours par la mise à l'écart de cette dernière. On sous-estime la force des habitudes...

De plus, cette option coûte cher. À côté du système d'épuration sélective des eaux grises, il faut prévoir le placement d'un système pour le traitement des effluents du W.-C., en principe réservé aux visiteurs (donc relativement peu utilisé). Une telle dépense n'est vraiment pas raisonnable.

Ceux qui «n'osent pas imposer leur TLB aux invités» ne sont probablement pas convaincus totalement du bien-fondé de leur démarche. Inconsciemment ils ont un peu honte de faire autrement que tout le monde. Il s'agit d'une forme de conformisme. En analysant tous les éléments de ce problème, on arrive vite à la conclusion suivant laquelle si quelqu'un doit avoir honte, c'est bien celui ou celle qui, ayant la possibilité matérielle d'utiliser une TLB, s'entête à détruire l'environnement avec un W.-C. à chasse.

Chez les familles qui ont fini par intégrer cette idée - pourtant simple et juste - l'usage de la TLB ne pose aucun problème aux visiteurs. Le savoir-vivre le plus élémentaire dicte aux visiteurs de respecter l'ordre domestique de leur hôte. L'usage d'une TLB propre et bien entretenue ne peut poser aucun problème à qui que ce soit. J'ai vu des TLB installées dans des villas luxueux, habités par des aristocrates où les visiteurs de marque l'utilisent sans la moindre remarque. Le degré de refus de la TLB est inversement proportionnel au degré d'instruction et de savoir-vivre.

Les jeunes enfants n'ont aucune difficulté à adopter une TLB. Pour eux, il s'agit d'un jeu comme un autre. D'abord surpris, les copains de classe de notre fils, l'adoptaient aussi sans problème. Notre fils était fier d'habiter dans une maison où la pollution des eaux a été supprimée.

Parmi nos visiteurs, il se trouvait des personnes qui refusaient à priori l'usage d'une toilette sèche, tout en admettant la pertinence de récupérer l'eau de pluie. Pendant la discussion prolongée sur cette dernière, la nature faisant son œuvre, ces personnes ont fini par éprouver un besoin impérieux et ont été amenées à utiliser notre TLB. C'était pour découvrir le décalage entre les idées reçues et la réalité. Par la suite, plusieurs de ces personnes sont devenues les adeptes les plus convaincues de la TLB.

Pour continuer la lecture, aller au chapitre sur La composition chimique de nos déjections

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