DeutschEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le mondeEnglishEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le mondeEspañolEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le mondeFrançaisEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le mondeMagyarEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le mondeNederlandsEAUTARCIE, la gestion durable de l'eau dans le monde
Site d'information basé sur les travaux de Joseph Országh Site d'information basé sur les travaux de Joseph Országh Site d'information basé sur les travaux de Joseph Országh
Eautarcie EAUTARCIE Eautarcie- Joseph Országh
AccueilIntroductionAssainissement EcologiqueValorisation de l'Eau de PluieGestion des eaux grisesToilettes SèchesEautarcie en Ville et dans le Mondegestion Conjointe de l'Eau et de la BiomasseRéflexions sur les politiques de l’eauPlan du site – Lexique – FAQ – Documentation La gestion durable de l'eau dans le monde
Toilettes Sèches
Utiliser une toilette sèche

Notre relation à nos déjections

Culture de merde

Toujours des excuses

Trois générations de toilettes sèches

Mode d'emploi de la TLB

Composition chimique des déjections

Compostage des déjections humaines

TLB dans le commerce

Recherche d'un terme
sur le site eautarcie.org 
Loading

Pour compléter votre information, visitez les sites suivants :
- http://www.eco-bio.info
- http://www.terreau.org

Pour savoir comment construire sa toilette à litière, cliquez ici, ou téléchargez le schéma en format pdf. [Plans adaptés par Olivier Vienne, d'Écaussine en Belgique]

Première publication du texte de la présente page sur www.eautarcie.com : 2003

Adaptation du texte original et première publication de la présente page sur www.eautarcie.org : 2009-10-09

Mise à jour : 2016-02-22


Trois générations de toilettes sèches

La première génération de toilettes sèches comprend les latrines de nos grands-parents : une cavité ou un trou pratiqué dans le sol, juste en dessous d'une planche équipée ou non d'une lunette de W.-C.. En raison des fermentations anaérobies (sans air), ces toilettes étaient malodorantes et très polluantes. L'utilisation agricole des effluents ne semblait cependant pas poser de problèmes majeurs. Pas même de problèmes sanitaires. A cette époque beaucoup de maladies comme les allergies étaient pratiquement inconnues. C'était une pratique courante pendant des siècles, voire millénaires. Il n'est pas inutile d'insister sur le fait que la gestion des eaux usées avec l'usage des latrines était plus respectueuse de l'environnement que celui des stations d'épuration les plus perfectionnées. Nous avons déjà montré que mieux ces systèmes fonctionnent, plus ils polluent et détruisent l'environnement. Cependant, cela ne signifie nullement qu'il faille revenir aux latrines, même dans les pays en voie de développement comme c'est recommandé par certaines ONG.

La deuxième génération, développée au 20e siècle est caractérisée principalement par les toilettes de type scandinaves. Elle avait comme objectif de départ l'amélioration du confort d'utilisation, par rapport aux latrines. Dans les faits, il s'agit des perfectionnements techniques apportés au vase de nuit classique afin de rendre possible son usage à l'intérieur de l'habitation. Afin d'espacer les vidanges, on y sépare l'urine et la matière fécale. C'est la caractéristique technique la plus importante. L'urine, qui représente environ 90% de la masse des déjections, est canalisée vers un réservoir de stockage, tandis que les fèces sont collectées et, pour diminuer leur masse, sont desséchés avec une résistance chauffante, un courant d'air ou à l'énergie solaire. Afin de maîtriser les odeurs qui, suite à la séparation, finissent par apparaître, on y installe un système de ventilation forcée. Celui-ci fonctionne presque toujours à l'énergie électrique. Les fèces desséchées et l'urine sont ensuite épandues sur le sol. Pour ne pas brûler les plantes, avant l'épandage, l'urine est diluée huit fois.

La troisième génération diffère des autres par le principe de fonctionnement, radicalement différent de celles qui l'ont précédée. Les nuisances olfactives sont maîtrisées grâce à l'adjonction d'une litière composée de matière végétale riche en cellulose. C'est ainsi que fonctionne la toilette à litière biomaîtrisée ou TLB. Dans le réservoir de cette toilette, la cellulose végétale bloque (par inhibition) les réactions enzymatiques dans les déjections, réactions qui sont responsables du dégagement des odeurs. Ce blocage ne peut avoir lieu qu'en présence d'urine. Afin d'éviter le développement des fermentations anaérobies (avec dégagement d'odeurs) la capacité du réservoir ne peut guère dépasser le volume d'une semaine de «production». De ce fait, les vidanges sont plus fréquentes. Une TLB, bien qu'elle se place à l'intérieur de l'habitation, ne nécessite pas l'installation d'un système de ventilation forcée. Avant leur utilisation agricole, les effluents des TLB sont compostés soit en surface, soit en tas, et le compostage est conduit en deux étapes d'un an. Le compost obtenu convient à toutes les productions végétales, sans le moindre risque sanitaire.

La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB

Pendant des années, j'ai été agacé de voir ma pensée réduite à la recommandation de l'usage de la toilette à litière – appelée par certains «bac à chat» - dont on me disait l'inventeur, ce qui est un bien grand mot pour une «invention» qui venait juste en son temps. D'ailleurs, il appert maintenant que je n'étais pas le seul à proposer ce type de toilette à la même époque. C'est vrai que je suis à l'origine du lancement de la toilette à litière biomaîtrisée en Europe, lancement que j'ai fait après une dizaine d'années d'expérimentation aussi bien au laboratoire que dans ma pratique privée. Je n'ai, comme mérite, que l'explication scientifique de la maîtrise des odeurs et la proposition d'un mécanisme (biologique) d'insertion de la matière des déjections dans les grands cycles naturels. Je réclame cependant la paternité de la dénomination TLB ou toilette à litière biomaîtrisée. Ce nom m'est venu lors d'un colloque organisé en 1995 par l'École d'Agriculture de Ath (où j'ai exposé pour la deuxième fois les fondements du système que j'ai appelé plus tard SAINECO; réf. : J. Országh, Le traitement sélectif des eaux usées et le cycle de l'azote. Nouvelles de la Sciences et des Technologies, Bruxelles, vol.13, n°1, 1995) en Belgique où plusieurs orateurs ont exposé des expériences menées dans plusieurs pays sur les qualités de l'élevage sur «litière biomaîtrisée». Pour moi, il était tout à fait évident que l'absence d'odeurs dans ces élevages relevait du même principe que celui qui fait fonctionner la toilette que j'avais lancée publiquement 5 à 6 années auparavant. Dans les pays francophones, avant 1990 pratiquement personne ne semblait s'intéresser aux toilettes sèches. Je crois avoir été un des premiers (si pas le premier) scientifique qui a entrepris la promotion publique (par des conférences, films et interviews) de ces toilettes et qui s'est intéressé aux aspects scientifiques de la maîtrise des odeurs par la litière cellulosique. Mes premières conférences sur le sujet n'ont provoqué que l'hilarité générale: au début des années '90, personne, mais vraiment personne ne me prenait au sérieux.

Depuis lors, les problèmes d'eau aidant, on ne rit plus des toilettes sèches. Le nombre de sites sur internet qui traitent le sujet ne se comptent plus. Ce qui est dommage est que l'on fait souvent un amalgame entre la TLB et les autres «toilettes sèches». Toute toilette qui n'utilise pas d'eau pour évacuer les déjections est une toilette sèche. Cette vaste catégorie couvre des installations dont certaines sont plus polluantes que les W.-C. à chasse d'eau. Désigner donc une toilette à litière biomaîtrisée ou TLB par le nom de «toilette sèche» équivaut à perpétuer une confusion entre une toilette vraiment respectueuse de la biosphère et certaines autres qui la respectent beaucoup moins.

Dans les pays anglo-saxons, le terme «sawdust toilet» (toilette à bran de scie) a été popularisé par un autre défenseur de la toilette à litière, l'Américain Joseph Jenkins [1] qui, continue encore à l'extension de ses toilettes dans les pays en voie de développement. En soi, cette dénomination est trop restrictive, car la sciure de bois n'est qu'une des possibilités pour la litière - et n'est même pas la meilleure! Sur la version anglaise du site EAUTARCIE, je propose le terme «biolitter toilet» qui évoque l'action biologique de la litière dans le fonctionnement de la toilette, à l'instar du terme de toilette à litière biomaîtrisée en français.

Les espérantophones ont une dénomination correcte : le «pajlaĝnecesejo», bien que je préfère le nom de «pajlaĝejo» (le siège ou l'endroit où se trouve la litière). En Hongrie, elle porte le nom tout à fait correct de «alomszék» (ou siège à litière).

[1]
Réf.: J. Jenkins, «The Humanure Handbook : A Guide to Composting Human Manure », c'est-à-dire «Le manuel des déjections humaines : un guide de compostage du fumier humain», Éditions Joseph Jenkins Inc., 1re édition en 1994, 3e édition en 2005. Depuis la publication de son livre, Joseph Jenkins a adopté une nouvelle dénomination pour cette toilette, soit le terme «Humanure toilet» ou «toilette de déjections humaines» étant donné qu'il utilise effectivement diverses matières organiques comme litière, ne se limitant pas à la seule sciure de bois.

Qui utilise la TLB

Une enquête a été menée en France afin de localiser les usagers des TLB. Plusieurs centaines de familles ont répondu au questionnaire par internet. En réalité, il y a bien plus de TLB en service en France. Pour voir les résultats de l'enquête, cliquer ici.

Après avoir modifié notre relation à nos déjections, nous pouvons envisager le passage à la TLB, ce qui a été fait par beaucoup de familles en Belgique, en France et dans d'autres pays. Une enquête [2] a révélé que ces familles ne veulent plus entendre parler des W.-C. à chasse et estiment disposer d'un confort tout à fait comparable à celui offert par les W.-C. classiques. L'enquête a également mis en évidence le fait que l'usage de la TLB ne soit pas l'apanage des marginaux qui «vivent à la campagne avec leurs chèvres», comme l'affirmait un haut fonctionnaire de l'administration wallonne. L'écrasante majorité des usagers possède un diplôme universitaire ou équivalent et habite dans des maisons familiales parfois luxueuses ou du moins très confortables.

Il n'est pas inutile d'ajouter que le principe de la toilette à litière s'applique également aux animaux. Les élevages sur litière biomaîtrisée sont bien au point et produisent de la viande de haute qualité. Grâce au compostage de la litière retirée de sous les animaux, la maîtrise de la pollution des eaux par le lisier est à notre portée. Faut-il convaincre les éleveurs du bien-fondé de cette démarche?

[2]
Christine ROUSSEAU, Toilette à litière biomaîtrisée: psychologie et motivation. Mémoire de fin d'études, Inst. d'Enseign. de Promotion Soc. de la Comm. Française de Peruwelz 1996.

Le principe de fonctionnement de la TLB

L'objectif est de reconduire nos déjections dans le cycle de formation de l'humus dans les meilleures conditions possibles. A cette fin, la première chose à faire est d'empêcher l'uréase – cet enzyme présent dans les déjections – de transformer l'azote organique précieux en ammoniac, inutilisable pour la synthèse de l'humus. Ce phénomène a été compris grâce à une observation de laboratoire [3]: la cellulose végétale inhibe les réactions enzymatiques qui minéralisent la matière organique des déjections. Or, ces réactions sont aussi à l'origine des odeurs désagréables. L'idée est donc immédiate: ajouter de la cellulose végétale à nos déjections pour bloquer les réactions enzymatiques, ce qui, par la même occasion, empêche le dégagement des odeurs. Une des conséquences de cette adjonction est l'augmentation du rapport carbone/azote de nos déjections qui, de ce fait, sont prêtes pour un compostage aérobie en plein air [4]. Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n'a lieu qu'en milieu humide, donc en présence d'urine. C'est la raison pour laquelle on ne peut, en aucune manière, séparer l'urine et la matière fécale. De plus, afin d'empêcher le démarrage de la minéralisation de l'azote, l'adjonction de la cellulose végétale (la litière utilisée) doit intervenir directement après la production des déjections.

[3]
Réf.: NIMENYA H., et coll., Ann. Méd. Vét., vol. 143, pp. 409-414, 1999.
[4]
Le rapport C/N de nos déjections est de l'ordre de 7, tandis que celui des végétaux est de 200 à 300. Pour démarrer le compostage, le C/N doit être de l'ordre de 60. La réunion de l'azote animal (déjections) avec le carbone végétal (la litière ajoutée) crée la condition idéale pour la formation de l'humus, sans dégagement d'odeurs.

Comment se présente une TLB

Contrairement aux toilettes sèches du commerce, après la modification de notre vision des déjections, on ne s'efforcera plus d'imiter les W.-C. à chasse. Ce n'est plus une nécessité. Au contraire, la TLB devient un joli meuble dont le style est assorti au style du mobilier de l'habitation.

Pour voir les TLB installées dans un centre de stages en Belgique, cliquer ici . Le principe de fonctionnement peut même servir à installer un urinoir à litière.

Sur le plan technique, c'est la simplicitéqui domine. La TLB est un seau placé dans un meuble qui peut parfois nous rappeler la chaise percée. Détail intéressant: la jupe de protection montée sur le couvercle. Pour les amoureux du confort absolu, on peut même y mettre des accoudoirs et un dossier capitonné. Il ne faut prévoir ni arrivée d'eau (sauf pour le lave-mains), ni tuyau d'évacuation, ni ventilation forcée. La TLB se place à l'intérieur de la maison dans la pièce prévue pour le W.-C. ou dans la salle de bains. Pour augmenter le confort de leurs habitations, certains placent une TLB dans chaque chambre d'amis, derrière un paravent. Elle a également sa place dans la chambre d'un malade, par exemple sous forme d'une chaise percée.

Pour autant qu'on se conforme aux recommandations, l'usage d'une TLB ne génère pas plus d'odeur qu'un W.-C. classique.

Toute matière végétale sèche convient pour la litière. En Belgique, on peut se la procurer déjà prête aux Établissements Samain (41, rue du Palais, B-7760, TOTTES, tél.: 069/45.48.27). On peut également utiliser de la sciure et des copeaux d'un atelier de menuiserie, en veillant cependant à ne pas utiliser du bois exotique car il dégage une forte odeur.

Enfin, on peut faire soi-même sa propre litière, pourvu qu'on ait un broyeur à végétaux. Des feuilles mortes, bois d'élagage, tiges de plantes ligneuses comme le tournesol, le poivron, le lavandin, etc., constitueront une excellente litière.

Le carton broyé et la tonte de gazon séchée peuvent également servir. Cependant, il est préférable de prévoir un endroit abrité pour stocker la litière, surtout quand on la fait soi-même. Pour voir le bac à litière, cliquer ici.

Seau en plastique ou en métal

Pour une bonne TLB, je préconise depuis longtemps un seau en acier inoxydable. C'est un peu plus onéreux que le seau en plastique ou en tôle émaillée, mais il est facile à nettoyer et à entretenir.

Un seau en tôle émaillée convient aussi bien et coûte beaucoup moins cher qu'un seau en acier inoxydable. Son entretien est aussi facile. La tôle d'acier galvanisée convient aussi, mais elle finit toujours par rouiller. Le seau devient rapidement inutilisable.

Le seau en plastiqueest bon marché, mais à l'usage prolongé, il prend les odeurs. Une TLB équipée d'un tel seau finit toujours par sentir mauvais, même avec un entretien soigneux. Le seau en plastique est la solution des pauvres, car on en trouve aussi gratuitement des seaux de récupération.

Il faut également dire que, moyennant une astuce, une TLB équipée de seau en plastique peut ne pas sentir mauvais. Pour cela, Il faut prévoir 2 à 3 seaux en plastique par toilette. Pendant qu'un de ces seaux est «en service», l'autre (ou les autres) est (sont) à l'extérieur, rempli(s) d'eau savonneuse ou d'eau contenant un peu d'argile. Cette eau peut servir plusieurs fois. Les seaux placés à l'extérieur seront à l'ombre, car les rayons UV du soleil rendent le plastique fragile.

Les utilisateurs des toilettes sèches échangent leurs expériences sur le site www.toiletteacompost.org, ils y parlent aussi des problèmes posés par l'achat et l'usage des seaux pour toilettes. Sur une série de forums, les usagers échangent leurx expériences sur l'usage de la BLT. Voir, entre autres, le site Passerelleco ou s'inscrire sur la liste d'agora traitant le sujet.

Important - une TLB doit être belle

Dans n'importe quelle habitation, l'entrée dans le W.-C. constitue une sorte de discontinuité dans le style. On quitte des pièces meublées avec goût et style pour entrer dans une sorte de réduit sans style, impersonnel, pour se retrouver devant une cuve en porcelaine dont le style n'a rien à voir avec le restant du mobilier.

La TLB s'intègre - et doit s'intégrer - dans le styledu mobilier. Il s'agit de deux meubles (la toilette et le bac à litière) du même style et des même matériaux que les meubles. Dans un intérieur au goût raffiné la TLB devient une véritable oeuvre d'art d'ébénisterie qui peut même prendre place - le cas échéant - dans la chambre d'un malade et derrière un paravent dans les chambres d'amis. C'est un confort qu'on peut se permettre sans transformations coûteuses de placement de canalisations. Les styles traditionnels (Louis XV, Louis XVI, empire, directoire, baroque, art moderne, etc.) se prêtent particulièrement bien à la réalisation d'une TLB de grande classe. J'ai vu des TLB réalisées par des artisans dans le style folklorique de la région. Ces toilettes sont richement décorées de peintures ou sculptées avec goût et soin. Une option intéressante consiste à intégrer le seau de la toilette dans une chaise sculptée avec dos et accoudoirs richement capitonnés. La caisse de la TLB placée dans la salle de bains sera évidemment couverte ou non du même carrelage que le restant de la pièce.

Une solution élégante - réalisée entre autres - par l'association Atelier-Nature consiste à placer un seau hygiénique dans une chaise. Solution bon marché, efficace et bien présentable.

Nous ne pouvons que saluer l'entreprise artisanale LITHOPS en France qui fabrique des toilettes à litière ou TLB s'intégrant dans tous les styles d'habitation. Leur travail est vraiment admirable!

Comment construire sa TLB

La TLB ne bénéficie pas de promotion commerciale. Le principe est de mettre à la disposition de tous, une toilette vraiment respectueuse de l'environnement. Elle peut évidemment être fabriquée, suivant nos plans par tous ceux qui en sentent la vocation. Je n'ai qu'un souhait à ce sujet:

- Lors de la promotion commerciale, préciser qu'il s'agit d'une toilette à litière biomaîtrisée ou TLB et faire référence à mes travaux.

La fabrication d'une TLB est à la portée d'un bricoleur moyen. Toutefois, si vous n'êtes pas bricoleur(euse), des TLB sont actuellement disponibles sur le marché. Pour plus de renseignements, se porter au chapitre sur Les TLB dans le commerce.

TLB à usage collectif

Pour un usage collectif, la TLB convient parfaitement. Il y a cependant quelques précautions à prendre afin d'éviter des échecs éventuels. Une telle installation demande une surveillance accrue par rapport à celle d'un W.-C. à chasse d'eau. La présence d'une personne est donc indispensable pour assurer l'approvisionnement en litière, en papier de toilette, mais aussi pour changer à temps les cuves remplies. A cette fin, pour chaque toilette on prévoit 2 ou 3 cuves (seaux) pour se donner du temps pour les vidanges. Celui-ci peut se faire notamment dans un conteneur à évacuer. On peut également envisager le placement des urinoirs à litière.

Actuellement, il y a plusieurs entreprises qui vendent ou louent des TLB pour chantiers, pour des festivalsou d'autres manifestations publiques. Voir la page La TLB dans le commerce.

Une alternative à la TLB ?

Considérant les explications du chapitre Comment utiliser une TLB en appartement urbain?, après près d'un siècle de quasi-domination des W.-C., le confort et la facilité d'utilisation de la toilette à chasse s'avèrent certainement difficiles à écarter dans un monde moderne. En ce qui concerne les immeubles résidentiels et urbains, le placement d'une toilette sèche y est pratiquement impossible. Même en zones rurales et péri-urbaines, l'adoption de la TLB s'en voit compliquée. Heureusement, on peut s'orienter vers une voie de la gestion durable des eaux usées grâce à l'application des principes de SAINECO et cela, sans nécessairement abandonner la technique d'évacuation de nos déjections avec (peu) d'eau. Il s’agit d’utiliser des W.-C. à chasse économique [5] dont les effluents seraient déversés dans une fosse à vidanger. Les effluents feraient alors l’objet d’une collecte sélective par les autorités communales/municipales, pour ensuite être traités (compostés) selon le principe de la TLB.

[5]
Idéalement, quoique non essentiel, on souhaiterait que les toilettes à chasse économique soient très économes en eau, car le principe de la TLB fonctionne mieux lorsque l’on dilue le moins possible nos déjections pour faciliter le traitement (compostage) ultérieur des eaux-vannes. Ces nouvelles toilettes, que nous avons dénommées turbo-toilettes ou T-T, ressembleraient aux W.-C. que l'on retrouve dans les bateaux, les autocars, les trains et les avions. Après usage, la cuvette en porcelaine ou en acier inoxydable serait rincée avec un jet d'eau turbulent sous haute pression. Grâce à la pression élevée, à chaque usage, on n'utilisera que très peu d’eau, voire le moins possible.

Une condition d’utilisation de la T-T serait de faciliter le transport des eaux-vannes concentrées vers la fosse septique à vidanger. Cela exige que les effluents soient suffisamment liquéfiés pour voyager par un réseau de tuyaux. Pour cela, les T-T doivent être équipées d'un broyeur qui liquéfie les effluents. Ceux-ci seraient alors injectés sous faible pression dans une canalisation séparée reliée à la fosse à vidanger. Des W.-C. munis de broyeurs existent déjà, mais utilisent encore trop d'eau. C'est pour diminuer le volume de l'eau utilisée, que l'on mettra l'eau de la chasse sous haute pression. Dans les bateaux on utilise déjà une toilette qui puisse être qualifiée de T-T

Pour continuer la lecture, aller au chapitre sur le Mode d'emploi de la TLB

TOP

Accueil - Introduction - Assainissement Ecologique - La Valorisation de l'Eau de Pluie - Gestion des eaux grises - Toilettes Sèches - Eautarcie en Ville et dans le Monde - Gestion Conjointe de l'Eau et de la Biomasse - Réflexions sur les politiques de l’eau - Annexes